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Tome premier.
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DE LA PÉNINSULE. 299

jor, auquel j étais attaché en qualité d’acljudant-général. Le 16 avril nous fîmes voile de Ports-mouth par un bon vent ; mais nous n’avions pasencore passé l’île de Wight, lorsqu’un événementqui pensa nous être fatal arriva. Il pouvait êtreen-viron minuit, quand le capitaine Collier, qui com-mandait le vaisseau de sa majesté., se pré-

cipita dans notre cabine, nous suppliant de nouslever sans délai, parceque nous étions sur lepoint de fibre naufrage. Nous ne perdîmes pasde temps à sauter de nos cadres et à monter surle pont, où un spectacle aussi épouvantablequ’alarmant s’offrit à nos regards. En essayantde passer un banc de sable qui se prolonge de lapointe Sainte-Catherine dans la mer, le navirerefusa de virer ; et cela arrivant chaque fois qu’onen fit l’essai, le danger redoublait à chaque in-stant. Enfi n, l’avant du vaisseau n’étant plus qu’àun jet de pierre des brisants, on s’attendait à levoir échouer d’une minute à l’autre, lorsque levent changea soudainement et nous retira del’inquiétude la plus vive où nous nous fussionsjamais trouvés. C’est la seule aventure qui nousarriva dans noti’e trajet. Le vent favorable qui sedéclara dans ce moment critique continua desouffler le reste de notre voyage; et le 22 avril,après une traversée de six jours, nous jetâmesl’ancre dans leTage.