332 HISTOIRE DE LA GUERREdrons m’ayant été confiés, je leur fis prendre legalop après les avoir formés en section le longde la route. Nous renversâmes par des attaquesréitérées tout ce qui se trouvait devant nous ,et fîmes plus de cent prisonniers. Aussitôt l’enne-mi fit halte et établit son infanterie sur les hau-teurs de Carvalhos, qui dominent la route à unegrande distance, et bientôt nos escadrons furentainsi arrêtés dans leur poursuite. Une ordon-nance fut envoyée immédiatement sur nos der-rières pour demander des renforts, et au mêmeinstant les escadrons firent volte-face sur ladroite, menaçant la gauche de l’ennemi par uneroute qui était dans cette direction. Ce mouve-ment seul eut l’effet que nous en attendions, caravant que nos renforts fussent arrivés l’ennemiétait de nouveau en pleine retraite, et les hau-teurs étaient abandonnées.
C’est ainsi que nous continuâmes notre route,marchant et combattant sans interruption depuis huitheures du matin jusqu’à cinq heures de l'après-mi-di l , car le mouvement de la colonne ne fut pasarrêté un seul instant, lors même que l’avant-garde était engagée. Enfin nous fîmes haltepour passer la nuit, l’avant-garde bivouaquantsur le terrain où elle se trouvait, les gardes oc-
1 Neuf heures de combat avec des ennemis qui avaient pris lafuite de prime-abord ! Qu’eùt-ce été s’ils avaient tenus 1