364 HISTOIRE DE LA GUERREfortes positions. Dans cette hypothèse il étaitplus que douteux que la prudence permît detenter quelque chose avant que nous eussionsreçu les renforts qui nous étaient promis depuissi long-temps. Nous passâmes plusieurs joursdans cet état d’incertitude, sans qu’il arrivât au-cun événement intéressant.
Des lettres et des dépêches nous vinrent d’An-gleterre ; elles satisfaisaient les uns et déplaisaientaux autres. Toutefois nous fûmes bien aisesd’apprendrequele gouvernement, loin de donnerde trop grandes espérances à la nation, savait lamaintenir dans de justes bornes ; car nous sen-tions que la partie notait pas encore gagnée, etqu’il valait mieux attendre les résultats de la luttepour recevoir la récompense d’avoir fait plusqu’on n’attendait de nous , que d’encourir lerisque, par des remerciements anticipés, derecevoir des reproches d’avoir moins fait qu’onn’espérait. Mais nous fûmes sensiblement affligésen voyant que notre général ne recevait pas deson souverain le prix de ses talents. Sir ArthurWellesley n’en fut pas visiblement affecté; maisses soldats, qui s’attendaient à d’autres résultats,supportèrent avec peine ce désappointement : ilss’étaient imaginés que le passage du Douro don-nait le droit à celui qui l’avait effectué de comp-ter sur un gage de la reconnaissance de son pays,