PROPYLÉES D’ÉLEUSIS. n
dans une ligne continue depuis le faîtage jusqu’au bord du toit sur les joints des tuiles plates,étaient disposées en rangées, de manière que les supérieures recouvraient les inférieures. Laconstruction de Yharmi sera expliquée plus loin.
Une substruction en pierre poreuse, construite par assises régulières, s’étendait sur toutefaire occupée par l’édifice. Le pavé, les marches et toutes les parties des constructions horsterre, aussi bien que les tuiles du toit, étaient de marbre fin pentélique. Le pavé consisteen blocs d’à-peu-près 6 pieds carrés, et de plus de i 3 pouces d’épaisseur. Il est établi avectant de soin que les joints en sont imperceptibles dans beaucoup d’endroits. Les assises deces blocs, qui sont voisins des murs dans le pourtour, paraissent avoir été posées avant queceux-ci ne fussent élevés (1) .
Planche I.
Eig. i. Plan des propylées.
La façade principale, tournée vers le nord, est élevée sur six marches dont les retours seterminent contre les murs du péribole. La marche inférieure est plus haute et plus largeque les autres. La longueur de la marche supérieure sur laquelle posent les colonnes duportique a 69' 8 * 1. Autour du pied dé chaque colonne, se voit un renfoncement circulaired’un demi-pouce de profondeur et d’un diamètre un peu plus fort que celui de la colonne.Un renfoncement semblable a été remarqué sur les marches des ailes des propylées d’Athènes ,et dans beaucoup d’autres exemples de farchitecture grecque. On a supposé que ces ren-foncements avaient été creusés pour recevoir et faire écouler au dehors les eaux pluvialesqui étaient conduites par les creux des cannelures; cependant quelques exemples offrent cesrenfoncements sans être ouverts sur la face de la marche. D’autres ont pensé qu’ils avaientpour objet d’indiquer le sol au niveau duquel le pavé du portique aurait dû être arasé ; maison a trouvé aussi de ces renfoncements dans d’autres édifices où le pavé était parfaitementuni et terminé
Les tambours inférieurs du fût de la colonne, à l’angle sud-est de l’édifice, hauts de 9 pieds,étaient restés en place et parfaitement conservés.
A. Le mur du péribole extérieur, dont l’épaisseur n’a pu être déterminée.
B. Colonne de l’angle sud-est de l’édifice, dont trois tambours se sont trouvés enclavés dans
un mur moderne d’une épaisseur considérable.
C. Renfoncement dans le pavé de 2 pouces 7 de profondeur (3) .
( 1 ) Il faut supposer que letat des ruines ne permet-tait pas de s’assurer si les blocs passaient sous les murs,ou s’ils s’arrêtaient contre ; sans cette’supposition , l’ex-pression du texte anglais , que les blocs paraissaientavoir été posés avant les murs, serait inexplicable. (H.)
(a) En Sicile , nous n’avons trouvé de pareils renfon-cements qu’au temple de Ségeste ; mais dans cet édifice,dont les colonnes ne sont cannelées qu’aux parties in-férieures et supérieures du fut, et qui montre toutesles apparences d’une construction inachevée , il n’y aaucun doute que les exhaussements laissés autour desrenfoncements ne dussent être enlevés après coup, demanière à donner à la partie supérieure de la dernièremarche le niveau du sol où posent les colonnes. Cesrenfoncements étaient ouverts du côté des faces exté-
rieures. (Voyez l’Architecture antique de la Sicile,par J. J. Hittorff et L. Zanth, t. I, plaq£hes 5 et 6. )— Dans le Supplément aux Antiquités d'Athènes,M. Kinnard admet également que les renfoncementsde ^ de pouce autour des colonnes des ailes des pro-pylées devaient être enlevés, de même que les petitsbossages nécessaires au levage des blocs, bossages qu’ona laissé subsister en différents endroits, et qui 11 e setrouvent dans aucune construction antique complète-ment achevée. (H.)
(3) Le texte anglais ne contient aucune conjecturesur l’objet de ce renfoncement. Nous croyons qu’il ser-vait à établir, en face de l’entre-colonnementdu milieu,un chemin de pente destiné à l’usage des voitures sus-ceptibles d’être admises dans l’intérieur du péribole. Ce