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CHAPITRE II.
Fig. h. Élévation restaurée de la façade côté du nord.
Les fûts diminuent depuis le sol jusqu’au sommet, dans une ligne légèrement convexe. Lèscolonnes d’angle avaient 5'i"366 de diamètre sur le sol, et 4' i'i à la hauteur de G piedset demi au-dessus de la marche supérieure, ce qui est } de pouce de plus que si la diminu-tion avait été faite en ligne droite, en supposant que les colonnes eussent été de la mêmehauteur que celles des propylées d’Athènes .
L’inclinaison du fronton a .été fixée d’après la pierre du milieu du tympan, qui étaitorné du buste d’un prêtre ou hiérophante en haut-relief, entouré d’une bordure circu-
chemin, dont la restitution se voit à la figure ci-dessous,devait être construit sur une partie des marches, et lerenfoncement C servait d’encastrement et de pointd’arrêt à la dalle en marbre munie de deux rainuresqui joignait le sol au porche. Ce devait être ici uneconstruction à part sans adhérence avec les marches del’édifice, et pareille à la disposition des escaliers quenous avons découverts dans plusieurs temples de la Si cile (a). Il est même probable que des escaliers sem-blables ont existé originairement, sinon partout, dumoins en face des autres entre-colonnements des pro-pylées d’Eleusis ; la hauteur et la largeur disproportion-nées des marches de cet édifice, qui sont toutes dedimensions différentes, doivent les faire envisager plu-tôt comme des socles continus, disposés pour offrir unpodium en rapport avec les colonnes, que pour servird’une montée commode aux piétons (b). L’exemple despropylées d’Athènes , où se sont retrouvés les indiceset les fragments d’un plan incliné portant des rainures
pour la direction des roues de voitures, vient à l’appuide notre supposition (c). La nécessité d’un pareil che-min de pente, indispensable pour l’arrivée des chars,des cavaliers, et des victimes qui se rendaient tous les .ans, avec la procession des Panathénées, au temple de 'Minerve dans l’acropole d’Athènes , devait exister à plusforte raison à Eleusis , où les fêtes de Cérès, les plus im-portantes de l’Attique, ne pouvaient être privées de lapompe d’un semblable appareil. La grande largeur dela porte du milieu des propylées d’Eleusis et de ceuxd’Athènes , et la ressemblance entre toutes les parties deces deux édifices, doivent nous conduire à cette con-clusion , que l’existence d’un chemin de pente aux pro-pylées d’Athènes ne peut laisser de doute sur celled’une pareille disposition aux propylées d’Eleusis ; notreconviction, à cet égard, est d’autant plus admissible ,que le plan incliné du vestibule intérieur d’Eleusis , re-présenté dans le chapitre suivant, nous a offert unenouvelle preuve en faveur de cette opinion. (H.)
Restitution du chemin de pente pour Varrivée des voitures
dans l’intérieur des propylées d’Eleusis.
A. Renfoncement existant, dans lequel est encastrée la dernière dalle du chemin de pente.
B. Massif pour recevoir les dalles C, portant des rainures pour la direction des roues.
D. Marches pour les piétons superposées sur les marches E, qui forment des socles continus.F. Ligne ponctuée indiquant le fond des rainures.
(a) Voyez dans XArch. antique de ta Sicile , t. I., pl. 12, lesmarches de lacella, et pl. 31, l’escalier de la façade principale.
(b) Les recherches auxquelles nous nous sommes livrés nepermettent pas d’expliquer autrement les assises en retraite quiforment le soubassement de la plupart des temples grecs. DansXArch. ant. de la Sicile , nous traiterons de l’origine de ces socles ,que l’on retrouve dans les marches ordinaires qui entouraient les
temples les plus anciens, et qui furent remplacées dans la suitepar de véritables pseudomarches, formant des socles continus,dont les hauteurs varient de 12 à 20 pouces, souvent de 20 à31 pouces, et même jusqu’à 45 pouces.
(c) Voyez The présent ascent to the acropolis, par M. Kinnard,dans le Suppl, aux Ant. d’Athènes .