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Les antiquités inédites de l'Attique, contenant les restes d'architecture d'Éleusis, de Rhamnus, de Sunium et de Thoricus / par la Société des Dilettanti ; traduit de l'anglais, augmenté de notes et de plusieurs dessins, par J.J. Hittorff ; la gravure des planches a été exécutée de E. Olivier
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CHAPITRE VIII.

SUNIUM.

Sunium, un des bourgs dépendants de la tribu dAttale, était situé sur un promontoiredu même nom qui formait la pointe la plus méridionale de lAttique ; les rochers sur les bordsde la mer sont à pic et très-raboteux.

Lorsque les Athéniens, pendant la guerre du Péloponèse , espéraient faire arriver dEubée leurs moyens de subsistance, ils fortifièrent Sunium pour protéger les vaisseaux employésle long des côtes au transport des approvisionnements. Dans ce temps, les Lacédémoniens,en maintenant une garnison à Décélie, avaient intercepté toutes les communications entreAthènes et les villes de lintérieur du pays.

Les principales ruines de Sunium sont les restes dun temple dédié à Minerve Suniade.Il est construit avec le marbre blanc tiré des carrières voisines. Le temple est dordre dorique ;il a six colonnes de face. Au-delà de la dixième colonne du côté sud-ouest, il ny avait pasde restes pour indiquer son étendue primitive. Neuf colonnes étaient encore debout de cecôté, et trois du côté opposé, de même que les deux colonnes du pronaos avec une de sesantes (I) .

Au nord du temple, et presque dans lalignement de sa façade orientale, ont été décou-verts les restes dun propylée. Cet édifice était aussi dordre dorique. La proportion de sescolonnes et les profils des moulures étaient à-peu-près semblables à ceux du temple.

Quant à lépoque de lérection de ces édifices, il- est probable quelle était la même, ouà-peu-près, que celle fut érigé le temple de Némésis à Rhamnus; car les conjectures surlorigine de ce dernier édifice sont également applicables aux édifices de Sunium. Lextrêmefini que lon remarque dans leur exécution est une preuve suffisante pour faire admettrequils ont été élevés à une des plus belles époques de larchitecture en Grèce .

Les façades des propylées étaient in antis, cest-à-dire que le portique était formé pardeux colonnes placées entre les antes des murs latéraux. Lespacement du milieu était, commecelui des propylées dÉleusis précédemment décrits , plus large que les deux autres, de manièreà présenter une arrivée plus commode dans le péribole, dont les propylées formaient lentrée w .Les parties inférieures des deux colonnes de la façade du sud et une des antes à langle sud-est étaient encore debout ; mais des autres parties de lédifice il ne restait plus que les fon-dations. Le pavé est enterré à trois pieds au-dessous du sol.

(i)Du temps de Spon, il y avait encore dix-neufcolonnes debout. Labbé Fourmont et Le Roy ne parlentplus que de dix-sept. Lappât des crampons de bronzeemployés dans la construction de ce monument na paspeu contribué à sa destruction. (H.)

(2) La plus grande largeur de lespacement de lentre-colonnement du milieu, dans les propylées des anciens,était surtout motivée par la nécessité doffrir un passageaux chars. Voyez, chap. n, pag. 11, la note ( 3 ). (H.)

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