DISCOURS
xlvj
Puisque nous en sommes aux accusations portées contre le Livre cedu Prince , après avoir ^réduit à sa juste valeur celle dont César t 0 |
Eorgia fut le prétexte, voyons en détail si les autres sont mieux , ;a ]
fondées. n'a
Elles se réduisent à ces trois chefs : « i°. Machiavel a enseigné j aaux hommes l’art de tromper ; 2 °. il a donné au monde des leçonsd’assassinat et d’empoisonnement ; 3°. il ne vouloit rien devoir à lareligion; il la proscrivoit même, et ne croyoit pas seulement enDieu. »
Comme ces accusations se trouvent en des livres français,
Giulio sol lo nutri di speme assai ;
E guel Duc a in altrui trovar credetleQuella pieià , chc non conobbe mai*
. P a
E Eorgia si fuggï per vie coperte ; Jei
E benche d fosse da Consalvo visto i
Con lieto volto , li pose la somaChe meritava un ribellante a Cristo ;
E per far ben tanta superbia doma , H
Jn Ispagna mando legato e çinto . SO
« Le duc de Valence étoit malade quand ï’âme d'Alexandre , dont hluxure, la simonie et l’avarice, ses compagnes intimes et che'ries , avoient ne
toujours suivi les pas, étoit glorieusement portée au rang des esprits bien-heureux pour qu'elle commençât à jouir de quelque repos.
» Mais, après qu'Alexandre eut été mis à mort par le ciel même , l'Etatde son duc de Valence fut rompu et divisé en plusieurs parties.
» Le pape Jules seul le nourrit abondamment de flatteuses espérances ; et ^
le Duc crut trouver dans autrui la compassion que lui-même n’avoit jamais fl
connue. V(
■» Et Borgia recourut alors à de voies souterraines pour éviter sa perte ; 1’;
mais Consalve , tout en l'accueillant avec affabilité, lui imposa la peine que J\
méritoit cet homme révolté contre le Christ ; et, pour bien dompter son ex- ^
trème orgueil, il le chargea de chaînes ; et le fit conduire en Espagne amsilié comme un rebelle yainçu. »