MACHIAVEL.
que de ceux qui ne l’avaient' jamais été.
Mais ou ne peut donner àcet égard unerègle générale,parce que les cas ne sont pastoujours les mêmes (i). Jeme bornerai donc à dire que,si ces hommes qui, dans lecommencement d’une prin-pauté , étaient ennemis duPrince, ne sont pas de qualitéàse maintenir dans leur oppo-sition sans avoir besoin d’ap-puis , le Prince pourra lesgagner facilement ( 2 ).
Ils seront ensuite d’autantplus forcés de le servir avecfidélité, qu’ils sentiront com-bien il leur est nécessaire d’ef-facer , par leurs actions , lasinistre opinion que le Princeavait d’eux (5). Ainsi donc ,il tirera toujours plus d’utilitéde ces gens-là que de ceuxqui, le servant avec trop desécurité pour eux-mêmes (4),ne peuvent que négliger sesintérêts (a).
BUO N AP A RTE. 219
( 1 ) A la bonne heure. R. I.
(a) Comme j’ai gagné cer-tains nobles, qui, par ambitionou médiocrité de fortune, a-vaient besoin de places ; et lesémigrés à qui j’ai rouvert laFrance, et rendu leurs biens....
R.I.
(3) Que n’ont-ils pas faitpour cela à mon égard ? R. I.
(4) Il faut savoir troublercette sécurité, quand on soup-çonne qu’ils se relâchent; etlors même qu’on n’aurait paslieu de le soupçonner, quelquesboutades intempestives ont tou-jours un bon effet. R. I.
( a ) Marius Celsus fut très-fidèle à Othon, quoiqu’il eût été l’amiincorruptible de Galba : Marium Celsum cons. Galbce ustfue irtsxtrémas res amicumficluimjue ( Taçit. Hist. 1 ), —Otho intra in-