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MACHIAVEL. BÜONAP ARTE.
blables associations, commeil arriva aux Florentins quandle Pape et l’Espagne allèrent,avec leurs armées réunies ,attaquer la Lombardie; alors,pour les raisons que j’ai dites,le Prince doit se joindre auxautres.
Qu’aucun État, au surplus,11e croye jamais pouvoir, enpareille circonstance, pren-dre un parti sûr (1) ; qu’ilsonge , au contraire , qu’il11’en peut prendre que dedouteux, parce qu’il est dansl’ordre des choses que jamaison ne cherche à éviter un in-convénient sans tomber dansun autre (2). La prudenceconsiste à savoir connaîtreleur qualité respective , et àprendre pour bon le parti lemoins mauvais (a).
(1) On peut compter sur safortune. R. C.
(2) Il y en a toujours plus ,ou de plus graves d’un côté (piede l’autre. R. C.
(a) Machiavel dit ailleurs ( Ilist, L. 2 } que « celui qui attend queles événements lui amènent des facilités pour agir, n’entreprend,jamais rien ; et s’il entreprend quelque chose, son entreprise tournale plus souvent à son désavantage ». —Le célébré moine Paolo Sarpidisait : « J’ai observé dans toutes les affaires de ce monde , que rien neprécipite plutôt dans le péril, que le trop grand soin de s’en éloigner ,et que le trop de prudence dégénère ordinairement en imprudence *•