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Prince qu’ils aimaient, s’il est encore vivant (i). Lesmauvaises dispositions qui naissent de ces causes sontformidables au-dessus de toute expression ( 2 ). On abesoin de grands remèdes pour les réprimer elles con-tenir ; au lieu que cela est facile à l’égard des autresmauvaises dispositions, pourvu que les peuples n’ayentpas de chef auquel ils puissent recourir. 11 n’y a rien,si l’on veut, qui d’un côté soit plus à craindre qu’unemultitude déchaînée et sans chef ; mais il n’y a rienqui, d'un autre côté, soit plus faible (3). Lors mêmequ’elle aurait les armes à la main, il sera facile dela réduire, si toutefois tu peux échapper à son pre-mier choc (4) , parce qu’ensuite, lorsque les espritsseront un peu refroidis, et que chacun verra qu’il luifaut retourner en sa maison, tous alors commençantà douter de la bonté de leur cause et delà force deleur courage , penseront 'a pourvoir à leur salut, soitpar la fuite , soit par la soumission. Voilà pourquoiune multitude soulevée , qui voudrait éviter ces dan-gers, devrait se choisir au milieu d’elle un chef (5 ),
( 1 ) Cette dernière cause de mauvaise disposition dans mes peu-ples , sera-t-elle donc indestructible ? R. I.
( 2 ) Il n’st personne au monde qui sache à quel point elles niefatiguent. R. I.
(5) En ne tremblant jamais devant elle , on la fait toujourstrembler. R. C.
(4) C’est une chose qu’ils paraissent ignorer ; et la simpleapproche d’un premier choc achèverait de les déconcerter. E.
(5) Empêcher d’avance qu’elle en puisse trouver. R. C.