Buch 
Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
Seite
297
JPEG-Download
 

( (i) 2 97 )

On trouve, au contraire, quil y en a beaucoup quiy sont parvenus sans autre moyen absolument quela fraude; et de ce nombre est Jean Galéas qui,par ce moyen seul enleva lEtat et le commandementde la Lombardie à son oncle Messer Barnabô (r).

Ce que les princes sont forcés de faire pour leurélévation, est aussi de nécessité dans les républiquesnouvelles, jusquà ce quelles soient devenues puis-santes , et quelles nayent plus besoin que de laforce pour se conserver. Comme Rome employade toute façon, tantôt par leffet du hasard, tantôtpar choix , tous les expédiens nécessaires pour arriverà la grandeur, elle ne manqua pas de mettre aussicelui- en usage. Pouvait-elle dans son commen-cement imaginer une tromperie plus forte que lestratagème dont elle se servit pour se procurer desalliés, puisque sous ce nom dalliés , elle renditesclaves de sa puissance les Latins et les autrespeuples des environs? Après sêtre dabord serviedes Latins pour dompter les peuples circonvoisinset acquérir la réputation dun Etat puissant ; ellesaccrut tellement, quand elle les eut soumis , quelleput battre ensuite chacun de ses alliés. Les La-tins ne saperçui'ent quils étaient devenus totit-à-fait ses esclaves, que lorsquils la virent mettre deuxfois en déroute les Samnites, et les forcer à traiteravec elle. Comme cette victoire augmenta singuliè-

(i) Lhistoire , surtout celle dItalie, men fournit bien dautre*

exemples. G.

38