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On trouve, au contraire, qu’il y en a beaucoup quiy sont parvenus sans autre moyen absolument quela fraude; et de ce nombre est Jean Galéas qui,par ce moyen seul enleva l’Etat et le commandementde la Lombardie à son oncle Messer Barnabô (r).
Ce que les princes sont forcés de faire pour leurélévation, est aussi de nécessité dans les républiquesnouvelles, jusqu’à ce qu’elles soient devenues puis-santes , et qu’elles n’ayent plus besoin que de laforce pour se conserver. Comme Rome employade toute façon, tantôt par l’effet du hasard, tantôtpar choix , tous les expédiens nécessaires pour arriverà la grandeur, elle ne manqua pas de mettre aussicelui-là en usage. Pouvait-elle dans son commen-cement imaginer une tromperie plus forte que lestratagème dont elle se servit pour se procurer desalliés, puisque sous ce nom d’alliés , elle renditesclaves de sa puissance les Latins et les autrespeuples des environs? Après s’être d’abord serviedes Latins pour dompter les peuples circonvoisinset acquérir la réputation d’un Etat puissant ; elles’accrut tellement, quand elle les eut soumis , qu’elleput battre ensuite chacun de ses alliés. Les La-tins ne s’aperçui'ent qu’ils étaient devenus totit-à-fait ses esclaves, que lorsqu’ils la virent mettre deuxfois en déroute les Samnites, et les forcer à traiteravec elle. Comme cette victoire augmenta singuliè-
(i) L’histoire , surtout celle d’Italie, m’en fournit bien d’autre*
exemples. G.
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