( (i) 2 98 )
rement sa réputation chez les princes éloignés, quiconnurent la force du peuple Romain , sans qu’illeur fît sentir celle de ses armes ; ceux qui lavoyaient et l’éprouvaient, parmi lesquels étaient lesLatins, en conçurent de la jalousie et de la crainte.Celte envie et cette craiute furent d’une telle effica-cité que, non-seulement les Latins, mais encore lescolonies que les Romains avaient dans le Latium,réunissant à elles les Campaniens que peu auparavantceux-ci avaient même défendus, conjurèrent contreeux. De là, cette guerre que les Latins suscitèrentcontre Rome, non en attaquant les Romains, maiseu défendant les Sidicins contre les Samnites quileur faisaient la guerre avec l’approbation deRome (i).
Il est si vrai que ce fut pour avoir reconnu cettefourberie des Romains , que les Latins les combat-tirent de cette manière , que Tite - Live niet lesparoles suivantes dans la bouche d’Anius Setinus,préteur latin, lorsqu’il parla sur ce sujet dans leur con-seil: « Pourrions-nous , leur disait-il, pourrions-noussouffrir d’être encore esclaves à l’ombre d’un traité laitavec bonne foi de notre part»? Nam si etiam nunesubumùrd fcederis œqui servitulem patipossumus , etc. ■(L. VIII. 3, 6.)
(i) Ces roueries-là nous ont été bien utiles; et quoique le secretpuisse en être connu de tout le monde , elles trouvent toujours
des dupes. G.