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Ainsi donc, on voit que les Romains, dans leurspremiers aceroissemens, firent aussi grand usage dela fraude ; qu’elle fut toujours nécessaire à ceux quiparlant d’un point très - peu considéré , voulaientmonter à des rangs sublimes ; et qu’on la blâme d’au-tant moins qu’elle est mieux déguisée, comme le futcelle des Romains.
§ VII.
Le Prince qui croit, par sa déférence envers sessujets, désarmer leur audace , se trompe ordinai-rement. (Ch. 14 du L. ii.).
On a vu souvent que non-seulement cette déférencen’est d’aucune milité, mais encore qu’elle est nui-sible , surtout quand vous l’exercez envers des hommesinsolents qui, par envie ou par d’autres motifs, ontconçu de la haine contre vous (i). Tite-Live en faitfoi, au sujet de la guerre entre les Romains et lesLatins. Les Samnitess’étant plaints aux premiers queles seconds les avaient attaqués , les Romains ne vou-lurent pas empêcher les Latins défaire cette guerre ,de peur de les irriter; et il en arriva tout le con-traire. La réserve des Romains, non-seulement irritales Latins, mais encore les fit devenir plus hardiscontre eux ; et ils se déclarèrent leurs ennemis plusvite qu’ils ne l’auraient fait sans cela. On en a la
(i) Règle générale : braver , humilier quiconque demande avec
audace. R. C.