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preuve dans les paroles du préteur latin , Annius,lorsqu'il disait dans leur conseil : « Vous avez faitessai de leur patience, en refusant les troupes quevous aviez promis de leur fournir depuis près dedeux cents ans; et personne ne doute que, par-là,vous n’eussiez dû les enflammer contre vous. Ce-pendant ils ont souffert tranquillement cette morti-fication ; et même , lorsqu’ils ont appris que nous pré-parions des années contre les Sanmites leurs alliés,ils ne sont point sortis de leur ville contre nous. D’oùleur vient une si grande modération , si ce n’est de laconnaissance qu’ils ont de leurs forces et des nôtres»?'l'entastis patientiam negando militera : qui s du-bitet eocarsisse eos? Pertulerunt tamen hune dolo-rem. Eæercitus nos parare adversus Samnites fede-ratos suos audierunt, nec moverunt se ab urbe.TJndè hœc illis tanta modestia, nisi à conscientidvirium , et nostrarum et suarum ? On reconnaîtclairement, par ce texte, que la patience des Ro-mains ne servit qu’à faire naître l’arrogance desLatins.
Ainsi donc , un Prince ne doit jamais consentirà descendre de son rang, ni jamais rien abandonner , àmoins qu’il ne puisse pas, ou ne croye pas pouvoir re-tenir ce qu’on veut l obliger à céder (i). 11 vaut mieux,presque toujours , quand la chose est arrivée à unpoint où lu ne peux pas la céder volontiers, que tu te
(i) Ai-je assez résisté? Pouvais-je résister davantage, dansmon abdication de Fontainebleau. E.