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quand d'ailleurs ou t’aurait déjà déclaré la guerre ;parce que ce procédé le détacherait infailliblementde la ligue de tes ennemis (i).
S VIII.
Combien il est dangereux pour un Prince, ainsique pour une République , de ne pas punir unoutrage fait à une nation , ou à un particulier.( Chap. 28 du Liv. 11.)
On peut connaître tout ce que l’indignation, causéepar l’impunité des coupables , doit occasionner defuneste , si l’on considère ce qui arriva aux Romains,pour n’avoir pas puni la perfidie de leurs trois am-bassadeurs à l’égard des Français (2) , auxquels ilsavaient été envoyés à Clusi. Ceux-ci attaquaientcette ville de Toscane ; et ses habitants avaient de-mandé du secours à Rome. Les ambassadeurs ro-mains qui étaient trois Fabius, avaient eu la missionde détourner , au nom du peuple romain , les Fran-çais de faire la guerre aux Toscans. Mais le combatse trouvant engagé quand ils arrivèrent, ils se rangè-rent aussitôt du côté de ces derniers contre les Fran-çais ; et ceux-ci, transportés par l’indignation qu’ilsen ressentaient, laissèrent à l’instant la Toscane pour se
(1) Un de plus ou de moins , qu’importe quand on a la forcede les battre tous ensemble , et de s’en faire des esclaves ? R. I.
(2) Toujours les Français pour les Gaulois. G.