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porter contre Rome. Leur fureur s’accrut encore dansleur marche , parce qu’ils apprirent que les députés ,qu’ils avaient eux-mêmes envoyés au Sénat romainpour se plaindre des siens , et pour demander qu’ensatisfaction du dommage qu’ils leur avaient causé,on les leur livrât, ou qu’ils fussent punis d’une autremanière, non seulement n’avaient point été écoutés,mais que, devant eux, les comices avaient créé tri-buns ces trois perfides Fabius, et qu’on leur avait mêmeconféré la puissance consulaire.
Les Français voyant honorés à ce point ceux quine méritaient que d’être punis, regardèrent cette con-duite comme méprisante et ignominieuse pour eux.Enflammés de colère et d’iudiguation , ils fondirentsur Rome et la prirent, à l’exception seulement duCapitole (i).
Or ce malheur n’arriva aux Romains que parcequ’ils avaient manqué à la justice ; car leurs ambas-sadeurs , qui devaient être châtiés pour avoir crimi-nellement agi contre le droit des nations , étaientcomblés d’honneurs pour cette infamie-là même.
Que les Princes , comme les républiques prennentdonc bien garde de ne jamais faire d’injure grave aunenation , ni même à un particulier; carsi un homme of-fensé grièvement, soit par le public, soit par-un indi-
(■) Les Gaulois d'aujourd'hui loi ont prouvé tout aussi bienqu’on n’y assassine pas impunément leur ambassadeur , et quela mort d’un Basseville peut donner prétexte à de terribles entre-prises. G.