Buch 
Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
Seite
305
JPEG-Download
 

( 3o5 )

profaner, il le fit profaner encore par beaucoupdautres. Pausanias se plaignit plusieurs fois de cetoutrage à Philippe, qui, après lui avoir fait espérerlong-temps de le venger, non seulement nen fit rien,mais encore ajouta sa propre injure à celle qui avaitété déjà faite à ce jeune homme ; car il proposa Attalepour le gouvernement dune province delà Grèce (i).Pausanias voyant quun coupable aussi infâme, loindèlre puni, était honoré , loublia pour tourner toutson ressentiment contre Philippe qui ne lavait pasvengé ; et le matin dun jour solennel consacré h lacélébration des noces de la fille de ce Roi, accordéeen mariage à Alexandre dEpire, au moment leMo-narque de Macédoine, allant au temple pour la cé-rémonie , marchait entre les deux Alexandres, lunson gendre, et lautre son fils, Pausanias lassassina.

Cet exemple, assez semblable à celui que montfourni les Romains , doit faire impression sur touthomme qui règne : Le Prince ne doit jamais esti-mer assez peu qui que ce soit parmi ses sujets ,pour croire, quen ajoutant sa propre injure à cellequun deux aurait reçue dun particulier ou dun cour-tisan , il fasse que loffensé nait pas lidée de se ven-ger au détriment du Prince , quand même il y trou-verait celui de sa propre personne.

(x) On voit faire bien de» faute» de ce genre. E.

3 9