126 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
Cependant les Prussiens firent l’inverse de cequ’ils devaient ; Laudon manœuvrait depuis treizejours contre Fonquet, lorsque le prince Henri semit en marche; on croira, peut-être, que c’étaitpour aller accabler le général autrichien et lepunir de ses démonstrations offensives ; pas dudu tout : c’était pour s’éloigner davantage del’infortunéFouquet, afin d’observer, de Lands-berg, une armée russe qui ne se rassembla àPosen que cinq semaines après.
L’inaction de Frédéric aux environs de Dresdeest aussi inconcevable que son entreprise surcette ville. Comment espéra-t-il assiéger tranquil-lement une place qui avait 16 mille hommes degarnison, en présence d’une armée supérieure àla sienne ? Pour cela, il fallait une grande bataille,et il eût été fort dangereux d’en livrer une sous lecanon de Dresde. De plus, en la gagnant, onn’avançait pas les affaires, puisque la réunion deLaudon avec les Russes en Silésie, aurait bientôtfait payer cher la victoire. Une défaite, au con-traire , entraînait la perte de la Silésie et de laSaxe, pour ne pas dire plus.
L’armée qu’il importait avant tout de détruireétait celle de Laudon ; c’était contre elle que lesPrussiens devaient agir de concei’t; qu’il fallaitfrapper un coup décisif; car une fois ruinée, lesRusses restaient sur la Wartha et les Autrichiens