-1 4o TRAITE DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES,par la prise fortuite du plan de son adversaireadressé au prince de Ponte-Corvo.
Frédéric ne cherchait pas un aussi grand ré-sultat; il voulait déloger Daun avec le moins deriscpie possible. Le roi fut la partie assaillante,et le général français , au contraire, fut surprisdans un mouvement. Frédéric pouvait éviter l’en-gagement successif et partiel de ses forces, tandisqu’il l’ordonna lui-même. Napoléon , attaquépendant que les corps de Ney et de Davoustétaient en marche, prit toutes les mesures pourrétablir l’unité d’action; il avait, dès le matin,renvoyé un aide-de-camp du maréchal Ney, pourlui donner l’ordre de se rabattre sur sa droite,afin de venir se lier à la gauche de l'armée. Lors-que le corps d’Àugereau eut été accablé par desforces supérieures, Napoléon réussit, parle sang-froid et le courage qu’il déploya, ainsi que parses bonnes dispositions, à soutenir le combatavec très-peu de forces agissantes. Il passa ainsile moment critique, et gagna le temps d attendrel’engagement du maréchal Davoust. Frédéric, aucontraire, après la destruction de ses grenadiers,persista dans ses engagemens partiels; il ne pritaucune mesure efficace pour réunir ses efforts,et le hasard seul amena Ziethen à son secours.
Enfin, si le maréchal Ney n’arriva pas plutôtque Ziethen, il n’y eut aucune faute de la part deNapoléon : l’aide-de-camp qui avait été envoyé