l/f.2 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
en ligne serrée le centre est, au contraire, I epoint où se trouvent ordinairement les plus gran-des forces , puisqu’on y place le plus souvent lesréserves, et qu’il peut en outre être secourutrès-promptement des deuxailes, nomseulementpar un envoi de leurs forces inutiles, mais encorepar un mouvement qu’elles feraient pour se ra-battre de droite et de gauche sur l’assaillant.
Aucune bataille ne peut mieux donner uneidée de ces vérités que celle de Cannes : Annibalengageant d’abord son centre le replia par unefuite simulée, jusqu’à ce que les Romains eurentdépassé ses ailes, alors celles-ci se rabattant sureux, tandis que le centre faisait volte-face, lesprirent de tous côtés ; ils furent accablés detraits, chargés par la cavalerie dans leur déroute,et entièrement détruits. Si les ailes de l’arméed’Annibal se fussent trouvées hors de portée d'at-taquer simultanément, on pense bien que l’af-faire aurait pris une tournure toute différente.
11 faut donc tirer de là les maximes suivantes :
i° Lorsqu’on veut suppléer à l’infériorité ditnombre en mettant toutes ses forces en action sur’un seul point de la ligne ennemie il faut, si celteligne est contiguë, que ce point soit aussi éloignédu centre que cela pourra se faire. En effet le cen-tre d’une ligne contiguë peut être immédiatementsoutenu par les deux ailes, qui donneraient simul-tanément avec lui ; tandis qu’un point choisi sut