l46 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
jours trouvé au besoin un point de retraite surles frontières de son alliée.
Quanta la bataille de Lignitz, Daun avait conçuun assez bon plan, mais il s’y prit mal pour l’exé-cution; il changea en accessoire la principaleattaque, et de l’accessoire lit le principal. Laudonétait chargé de prévenir Frédéric et de lui couperla roule de Parchewitz : comme le projet du roiétait de gagner cette route pour se lier avec sonfrère, il était clair qu’il ne resterait pas dans soncamp de Lignitz, mais qu’il attaquerait Laudon;on devait donc soutenir ce général en se liantavec lui; il était inutile que toute la grande ar-mée demeurât sur le front des Prussiens. Aureste, le général autrichien commit une fautelorsqu’il arriva sur le terrain, et qu’il s’aperçutque Laudon était repoussé, de ne pas marchersur-le-champ vers Royn sur la Leisebach, pour yprévenir l’armée prussienne ; la victoire n’auraiteu aucun résultat, et le roi eût été hors d’état decommuniquer avec le prince Henri, car Daunaurait tenu la position centrale , qui lui assuraiten même temps les deux routes de Parchewitz,à droite, et de Neumarck, à gauche ( 1 ).
(i) Depuis que ce chapitre est écrit, j’ai vu la position de Royn >que j’avais indiquée pour son importance stratégique. Cette positionest extrêmement forte ; Daun n’aurait pu trouver en Silésie dechamp de bataille plus avantageux.