CHAPITRE XXVI. ^7
Frédéric étant parvenu, par la bataille de Li-gnitz, à rétablir une ligne intérieure avec l’arméede son frère, les généraux alliés devaient adopterUn tout autre plan d’opérations, et porter uncoup terrible à ce prince en transportant le théâ-tre de la guerre générale au cœur de ses états. Lapossession de Dresde assurait à Daun celle desdeux rives de l Elbe, et une retraite certaine surla Bohême. Les alliés pouvaient donc opérer, deconcert, un de ces mouvemens dont Napoléonnous a donné de si nombreux exemples : les ar-mées combinées auraient dû marcher vivementet concentricpiement , celle des Russes versPeitz ou Guben, celle de Daun à Luben, tandisqu'une petite division russe, en descendant lacive droite de l'Oder, se serait portée sur Franc-fort, simplement pour assurer une communica-tion directe. Cent trente mille hommes, ainsie tablis au cœur des états du roi, maîtres dans lefait de Potsdam et de Berlin, eussent bien forcéFrédéric à venir combattre sur ce point désavan-tageux , et à y jouer son tout, presque sans espoirde succès. En effet, si ce prince avait combattuentre l’Oder et l'armée ennemie, il était perdusans ressource et jeté sur Je fleuve ou sur la Po-logne , tandis qu’au besoin, l’ennemi pouvait seretirer sur l'Elbe vers Dresde. Si le roi prenait leparti opposé, et qu’il s’engageât avec l’arméecombinée, de manière à la placer entre lui et
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