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manda s’il désirait avoir des livres. IJn seul, ré-pondit Pichegru.—Lequel, lui dit le conseiller-d’état? Des voyages?—Oh non! répliquaPichegruavec un sourire mélancolique, je suis las desvoyages. — En ce cas quel est celui que vousdésirez? — Sénèque. —Sénèque, reprit le préfet,en faisant une allusion que l’interlocuteur saisitparfaitement ! mais , général , le joueur nedemande Sénèque qu’après avoir perdu la partie,et la partie n’est point... Il ne laissa pas acheverla phrase; ayez la bonté de me faire parvenir unSénèque.—Français ou latin?*—Pichegru hésita,etse ravisantpresqu’aussitôt: Latin, dit-il, jepour-rai l’entendre encore. Le Sénèque fut envoyé ettrouvé le lendemain du suicide sur la table dePichegru. Il était retourné, mais ouvert à l’en-droit où Sénèque dit qu’au moment où il fautdésespérer de la liberté publique, l’homme proben’a plus qu’à mourir.
tt Le jour où Réal prononça l’exclamation quek j’ai rapportée, fut le jour du dernier interro-« gatoire. » M. Réal eut, en effet, ce jour-là,avec Pichegru, une longue conversation su»rl’île de la Guyane et les particuliers sur Cayenne;mais cette conversation n’était pas un interroga-toire; elle ne fut point écrite, M. de Bourrienne