c’était sans doute une bonne politique au géné-ral Bonaparte d’envoyer à Londres et à Vienneun général instruit, qui ne pouvait manquerd’être apprécié dans des pays où l’on a en hon-neur les talens et les services militaires, et où, àtort ou à raison, lesèlasses aristocratiques qui ydominent ont plus de considération pour lesservices et les titres militaires, que pour les ser-vices purement civils; Bonaparte fut très-mili-taire sans doute, à la guerre ; mais quel hommefut plus civil que lui, au conseil d’état, et dansle travail avec ses ministres, dans son adminis-tration journalière ? Il avait d’autant moins deraison de se laisser dominer par aucun militaire,qu’il leur était jugé supérieur par l’armée : c’estl’avoir bien mal jugé, que de le représentercomme sacrifiant le civil aux exigences desmilitaires ! Jamais', sous aucun gouvernement,les militaires n’ont été plus honorés, mais jamaisils ne se sont montrés plus citoyens! CommentBonaparte aurait-il pu établir le gouvernementmilitaire, lui qui ne régna jamais que par l’opi-nion des masses, lui qui n’avait pour garde quel’élite de l’armée française, qui était elle-même,par la conscription, l’élite de la nation? Sonpouvoir reposait-il donc sur des classes privilé-
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