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fait de son époque, c’est qu’il espère que ses lec-teurs ne manqueront pas de se le dire à eux-mémes. Deux choses dominent dans son ouvrage ;en le lisant elles m’ont vivement frappé. La pre-mière est l’appel continuel qu’il fait à l’opiniondes personnages qui ont cessé d’exister, mais quenéanmoins il ramène sans cesse sur la scène, etauxquels il prête un langage qui lui est toujoursfavorable. La seconde, c’est le jugement certainqu’il a porté à l’avance sur l’issue des événemensmalheureux.
A l’époque où l’expédition de Saint-Dominguefut décidée, on était en France d’une opiniontoute différente de celle qu’il émet sur l’issue quil’attendait. Qu’on veuille bien se reporter au mo-ment où cette entreprise fut arrêtée ; on verraqu’a'ors l’opinion générale lui était favorable, l’onétait même dans une telle persuasion sur sa réussiteque, lorsqu’il fut question de la composition del’armée, on accourait chez les ministres pour de-mander à être employé. Les généraux, les offi-ciers de tout grade et de toute arme se succé-daient chez celui de la guerre, et le priaient avecinstance de les comprendre dans l’organisation.