214 HISTOIRE HE NAPORÉON BONAPARTE,duquel il se trouverait. Voulant tirer parti de ladivision qui régnait dans le camp ennemi, Bona-parte envoya un chargé de pouvoirs pour fairedes offres à Ibrahim-Bey , et l'attirer dans sonparti j mais la cavalerie ennemie qui bloquait Saf-fet, l’empêcha de passer. Le général en chef l’en-voya près de Kléber , d’où il se trouvait plus àportée de remplir sa mission.
Les Naplousains avaient pour cheyk un hommehardi et entreprenant, nommé Ghérar. Il jouissaitd’un grand crédit dans la contrée ; il parcouraitles villages environnans, soulevait les populationscontre les Français, entretenait des intelligencesavec Djezzar , par l’intermédiaire des Anglais ,et, à l’aide de l’or du pacha d’Acre , il recrutaitdes soldats pour marcher à son*secours. Bonapartemanda à Kléber : « Écrivez à Ghérar qu’il a tortde se mêler d’une querelle qui le conduira à saperte. Comment, lui qui a eu tant à se plaindred’un homme aussi féroce que Djezzar, peut-il ex-poser la fortune et la vie de ses paysans pour unhomme aussi peu fait pour avoir des amis ? Faites-lui connaître que sous peu de jours Acre serapris, et Djezzar puni de tous ses forfaits. Alors ilregrettera , peut-être trop tard , de ne s’être pasconduit avec plus de sagesse et de politique. Sicette lettre est inutile, elle ne peut, dans aucuncas, faire un mauvais effet.
Est-il bien sûr, ajoutait Bonaparte , que le pontde Medjameh soit détruit? Les habitans du pays ,dans les différais renseignemens qu’ils me don-