2 ] 6 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.
eut tout au plus le temps fie faire les dispositionsnécessaires pour sa propre défense. Dans le pre-mier moment de confusion qu’avait causé son ar-rivée , il s’empara d’un petit fort inaccessible à lacavalerie, le fit garder par ioo hommes, et yadossa sa division formée en deux carrés. Mais àpeine avait-il rectifié ses alignemens , que déjà4,000 cavaliers ennemis étaient rangés dans laplaine. Us furent suivis de 3,000 autres , puisd’un troisième corps , et enfin la masse de l’arméeennemie y descendit tout entière. Jamais les Fran-çais n’avaient vu tant de cavalerie, assemblagebizarre d’hommes de toutes les nations et de toutesles couleurs, caracoler, charger, se mouvoir danstous les sens. Kléber recommanda à ses soldatsde tenir ferme sur les devans, et de garder leterrain sans avancer ni reculer d’un pas. 11 savaitque le premier choc des Orientaux était seul re-doutable, et que si on parvenait à le soutenir,l’ennemi, découragé par cet échec , ne donneraitplus que des charges partielles et agirait molle-ment pendant le reste de la journée. L’armée dupacha de Damas , formée en quatre corps, s’é-branla en poussant des cris épouvantables à lamanière des barbares, et chargea les Français avecla plus grande impétuosité sur les quatre fronts.Immobiles à leur poste , ces braves opposèrent detoutes parts une trible haie de baïonnettes , contrelaquelle vinrent se briser les efforts des cavaliersmahométans. Accueillis à bout portant par la fu-sillade la plus meurtrière, ces superbes Orientauxtournèrent bride et se virent contraints de rétro-