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système. Mais que dans tout grand Etat il se manifeste une tendance à conquérir la plus grande indé-pendance possible aussi à l’endroit du commerce, c'est ce qu’on n’aura pas de peine à concevoir. Cettetendance, nous ne la voyons malheureusement que trop se développer déjà dans les Etats de l'union desdouanesfAllemandes, ou l’on demande des droits plus élevés sur diverses fabrications afin d’exclure parce moyen la concurrence du dehors ; ainsi l’union douanière de l'Allemagne dont l’origine se signalapar la suppression d’un si grand nombre de lignes de douanes à l’intérieur, d’entraves commerciales detout genre, et qui pouvait être considérée comme un premier pas vers la réalisation de la liberté com-merciale , cette association, disons-nous, pourrait bien n’aboutir prochainement qu'à la création d’un systèmed’isolement de l’Allemagne opposé au système français *). Nous nous hâtons cependant d’ajouter quele système actuel de droits protecteurs modérés, tel que l’établit le tarif de l’union et tel qu’il l’a appli-qué jusqu’à présent, ne saurait, à l’exception des articles de coton dont les espèces communes sontévidemment taxées beaucoup trop haut, être mis sur la même ligne que le système prohibitif de la France.
# ) La disposition de la loi sur les douanes prussiennes du 26 Mai 1818» laquelle a servi dans le temps de base pour lafixation des droits de l’Union, savoir que les marchandises de fabrication et de manufactures étrangères ne doiventpas acquitter pins de IO % de la valeur, a de'jà été écartée. Ce fait vient à l’appui de l’opinion émise par le D.Bowring dans son rapport sur l’association des douanes allemandes, que les tarifs de l’Union des douanes pourraientbien subir prochainement une augmentation.
**) L’association des douanes allemandes a accordé en faveur de la Suisse des facilités importantes pour le commerce limitrophe,tandis que la législation française ne nous cède aucun allègement quelconque. Au nombre des faveurs non sans impor-tance pour le commerce des frontières entre la Suisse et les Etats de l’Union, on peut compter les suivantes:
a ) le bétail suisse conduit aux pâturages ou pour être engraissé dans le Wurtemberg et la Bavière ou le GrandDuché de Baden, et vice versa, est affranchi de tout droit à condition qu’il soit réexporté;
b) le bétail suisse qui retourne, sans avoir été vendu, des marchés dans les trois Etats susnommés a droit à la memeexemption;
c ) les objets fabriqués par des ouvriers suisses, et qui reviennent des marchés de l’Allemagne méridionale, n’ont au-cun droit à acquitter;
(V) les objets importés pour être ouvrés, savoir ceux destinés pour les filatures, blanchisseries, teintureries, impres-sions, tisseranderies, tanneries — pour autant qu’ils retournent immédiatement en Suisse après avoir été ouvrés,n'ont à payer aucun droit ;
é) la libre entrée de la poterie;
fj l’entrée et la sortie libres des céréales, du bois, des drogues pour la teinture, du miel, des racines, des fruits secset de la cire non blanchie ;
gj l’entrée et la sortie libres des engrais, des oeufs, des terres et minéraux, des légumes, de la volaille, de l’argileà poterie, de l’or et de l’argent, monnayé et en lingots, du mobilier et des effets, des habillements supportés,du bois, des mottes à brûler, du lait, des pierres, de la tourbe, de la paille et de la bouille terreuse.
Les réductions suivantes de droits de péage que les Etats susnommés , de l’Allemagne méridionale ont apportéesen faveur de la Suisse, ne sont pas sans importance pour les Cantons agricoles et produisant du bétail:
aj la réduction du droit sur le bétail suisse, au des taxes du tarif;
b) la modération du droit sur le beurre frais et non salé, de fl. 6, i5 kr. à fl, 1. kr, par quintal;
c) et pour les fromages suisses de fl. 6. kr, à fl. 2 , 3o kr. par quintal;
dj la réduction du droit sur les vins du lac de Constance et le cidre à 5o kr. par quintal au lieu de la taxe du tarifde fl, l3. 38 % kr. par quintal;
e) sur l’extrait d’absynthe et l’eau de cerises suisses à la moitié des taxes du tarif, savoir à fl 6, 49 % au heude fl. i3. 38 % kr, ;
fj et enfin réduction des droits sur les fournitures d horlogerie et tissus de paille importés de la Suisse qui n’ont àacquitter que la moitié du droit établi par le tarif.
Tels sont les égards que les Etats de l’Allemagne méridionale ont cru devoir à la Suisse qui de son côté accordeliberté entière de commerce, Lorsqu’en i836 les Commissaires suisses (MM, l'ancien bourgmestre de Murait, l’ancien