Buch 
Histoire des guerres de la Vendée depuis 1792 jusqu'en 1796 / par M. Mortonval
Entstehung
Seite
88
JPEG-Download
 

88

AMPAGNES

devant de Beysser; et, décoré d’une cocarde tri-colore, il lui présenta une liste de proscription,

annonça l’égorgement de tous les prêtres sexagénaires dé-tenus à Nantes. A l’instant, les royalistes les plus furieuxenfoncèrent les prisons et en arrachèrent les républicains ;quatre-vingtssontmassacrés en un jour : on ne les assommaitplus , on les attachait à une corde qui les liait l'un à l’autrepar le bras, ce que les assassins appelaient leur chapelet*.Les victimes étaient ainsi traînées dans la cour du château,placées à genoux au bord d’un fossé profond, et impitoya-blement fusillées. O11 achevait ceux qui n’avaient pas reçude coups mortels. Joubert, président du district, eut lespoings sciés, et périt sous les coups des fourches et desbaïonnettes. On enterra des hommes vioans; et, à la reprisede la ville, on vit encore dans une vaste prairie voisinequi servait de tombeau aux républicains immolés, un brashors de terre, dont la main accrochée à une poignée d’herbesemblait celle d’un spectre qui s’était vainement efforcé desortir de sa fosse. »

M. Beauchamp raconte ensuite que Charette, révolté detant d’horreurs, essaya d’y mettre un terme; mais ni l’au-torité ni la persuasion ne purent prévaloir -contre la ragedes royalistes furieux... « La soif du sang et des vengean-ces, ajoute l’historien; était portée à un tel point, qu’ilfallut avoir recours à des moyens surnaturels. Le vicaire

* Carrier cl ses mariages républicains sonl*ils plus exe'crables que les roralis-tes furieux el les chapelets de la Veudee ? el dans cel assaul d'atrocités, l’arméeclîrètienne ti’a-l-cllc pas l’affreux avantage d’avoir donne l’exemple?