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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

vincibilité de larmée française, la Russie offritaux peuples guerriers de lEurope la leçontrouvée jusqualors si difficile, de triompher deNapoléon à la tète de ses valeureux vétérans.

Un climat sévère et la nécessité de parcourirdepuis les frontières des distances de 80 jus-qu'à 90 myriamètres pour atteindre les objec-tifs principaux, Pétersbourg et Moscou , ajou-taient aux difficultés naturelles des obstaclesplus grands à vaincre encore. Ces considéra-tions qui ne pouvaient avoir aucune influencemajeure pour des guerres entreprises dans despays plus tempérés, exerçaient dans celle-ciun pouvoir tellement impérieux, quelles né-cessitaient de la part des assaillants un plan decampagne qui possédât des traits caractéristi-ques, qui le rendît propre à être suivi dans uneguerre faite sur le territoire de lempire russe.

Napoléon, peu accoutumé à plier sous lejoug impérieux des localités et des circon-stances, ne voulut pas se soumettre aux prin-cipes que la circonspection lui prescrivait, etsapa lui-même les fondements de son existencepolitique.

Division stratégique de la Russie. Les-pace de terrain compris entre la mer Bal-tique, le Niémen, le Boug, le Prout, la merNoire, le Dnepre et la Duna, se trouvantpartagé par de très-grands obstacles naturels,les marais du Pripet présentent, pour les combi-naisons stratégiques, deux sphères dopérations,dont la différence est proportionnée à celle desmouvements quelles nécessitent et des moyensquon doit employer pour parvenir à savancerdans le cœur de la Russie. Ces deux sphèressétendent, lune des bords de la Baltique jus-quaux marais du Pripet, et lautre depuis la

(1) La première entre dans le système dinvasion dela Prusse, et la seconde dans celui de lAutriche et deleurs alliés. Leur étendue est tellement grande, queles opérations peuvent difficilement les embrasser dansleur ensemble.

(2) Ce qui doit être dune considération majeurepour un pays qui, comme la Russie, par sa vasteétendue à parcourir, ne laisse pas la possibilité depousser dans une seule saison jusques au cœur de lem-pire, ainsi que Napoléon eut limprudence de le faire.

(3) Javertis le lecteur que je calcule la frontière dela sphère du midi, non daprès toute son étendue intrin-sèque, mais daprès lemplacement préliminaire des ar-mées ennemies, ainsi que les points dinvasion dont,dans ce cas, le premier devrait être, pour la colonne

partie méridionale de ces mêmes marais, jus-quà la mer Noire.

Je les distinguerai par la sphère dopérationsdu Nord et celle du Midi ( 1 ).

Ces deux sphères dopérations, daprès la di-rection des communications principales quiconduisent dans le cœur de lempire, donnentdeux modes particuliers de lignes dopérations,etdont la différence est dune influence majeuresur les opérations stratégiques. La premièreoffre des lignes dopérations parallèles à lafrontière.

Chacune de ces deux sphèires possède ses dé-fauts comme ses avantages. Si celle du nord ades lignes dopérations moiœs étendues, le paysquon doit parcourir fournit moins de ressour-ces, par la pauvreté de la contrée. La sphèredopérations du midi, au contraire, présenteune étendue de 36 myriamètres de plus à par-courir pour atteindre lobjet principal des opé-rations; mais en revanche elle offre un climatmoins sévère ( 2 ), un pays infiniment plus fer-tile, et par conséquent des ressources beau-coup plus abondantes.

La sphère dopérations du nord a une fron-tière plus étendue, celle du midi, une autreplus rétrécie ( 3 ). La première donne doncmoins de moyens de couper la retraite à lar-mée envahissante, la seconde noblige pas lesdéfenseurs à occuper une grande extension deterrain et à disséminer leurs forces, pour engarder les passages principaux. La premièrepossède une plus grande ramification de com-munications, par conséquent plus de facilitéspour les opérations concentriques et le rassem-blement des forces physiques sur les pointsstratégiques; la seconde présente un terrain

principale du flanc gauche, à Krasnostav et Ousrhany;pour celle du centre, à Lemberg et Bousk ; peur lestroupes de laile droite, à Brjejany et Farnopol. Lespoints de passage des frontières seront, pour la colonnede la gauche, à Oustiloug ; pour celle du centre, àBrodv ; pour celle de la droite, à Wolotschisk. Les co-lonnes intermédiaires et de sûreté auront leurs pointsde rassemblement à Samoscz, Tornaschev, Belge, Gol-kiev et Zlolschev, et leurs points dinvasion suaientMiliatin, Beresteschko et Sbarage.

Il nest pas à présumer quun ennemi qui, en enantdAllemagne, se propose de faire une invasion en Russieen choisissant la sphère du midi pour les opéntions,aillerassembler ses troupes dans la Bukovine etsdoignevolontairement des points objectifs, but des opéntions.