DE LA GUERRE DE 1812.
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moins coupé el plus de facilités pour les mou-vements.
En franchissant la Bérésina et le Dnepre,on dépasse l’obstacle naturel des marais duPripet, et celte barrière, qui partage si distinc-tement les gouvernements frontières delà Rus-sie en deux sphères d’opérations, s’évanouit;et c’est justement alors que, dans la sphèred’opérations du midi, la ligne d’opérationsparallèle à la frontière, prend sa nouvelle di-rection et continue de même jusqu’à Moscou.
Examen des frontières. — La frontière de lasphère d’opérations du nord, donne un déve-loppement d’environ 65 myriamètres, et s’é-tend depuis Polangen par Kovno, Grodno jus-qu’à Brest-Litovskoy. Les opérations offensivesd’un ennemi qui la franchirait sur un des pointsentre Polangen et Brest-Litovskoy, offrantdeux buts différents, Pétersbourg et Moscou,présentent deux sections de terrain pour lesopérations offensives, dont l’une se base surl’espace compris entre Polangen et Ivovno, etl’autre sur l’étendue marquée parles points deIvovno, Grodno et Brest-Litovskoy.
La première de ces deux sections, en entraî-nant les armées dans des opérations et sur unterrain qui les rapprochent de la mer el les met-tent enbutteàde grands dangers, sera rarementchoisie pour être le théâtre principal de laguerre, et ne sera ordinairement destinée quepour des opérations secondaires, qu’on envi-sagera comme corollaire de celles qui aurontMoscou pour but. D'après les avantages deslocalités, Moscou sera donc ordinairement l’ob-jet principal des opérations. Voilà pourquoije n’étendrai ma dissertation que sur la sectiondont les opérations seront basées sur l’espacecompris entre Kovno et Brest-Litovskoy.
Depuis Grodno jusqu’à 10 kilomètres plusbas que Jourbourg, la frontière est décrite parle Niémen, et en s’avançant par le midi, ellel’est par le Bobr et le Boug. Ces trois fleuvesforment la première ligne de défense pour laRussie.
Ces lignes du Niémen, du Bobr et du Boug,ne sont renforcées par aucun point d’appuipermanent, et ayant égard à une aussi grandeétendue, ne présentent, quant à l’invasion duterritoire, presqu’aucune difficulté aux assail-lants. De plus, les affluents du Niémen, commela Merelehanka, la Willia, la Névégea, la
Doubissa, la Joura, ainsi qu’une partie duNiémen même, depuis sa source jusqu’à Grod-no, d’où il prend par un changement subit, sadirection vers le nord, en tombant perpendi-culairement à la frontière, qui aurait pu , sicette frontière possédait quelques points for-tifiés, offrir sous leur protection des positionsde flanc très-favorables, ne présentent, aucontraire, dans l’hypothèse existante, aucunavantage au système défensif, mais en dimi-nuent encore les ressources.
La partie de la frontière comprise entreKovno et Brest-Litovskoy , suit le Niémen de-puis Kovno jusqu’à Grodno, gagne de là leBobr, le suit jusqu’au village de Rouss, d’ouelle longe le Narev jusqu’à Sourage, et setrouve marquée ensuite parleNouretz, affluentdu Boug, et ensuite par ce dernier fleuvejusqu’à Brest-Litovskoy.
Depuis le point de Pojour, jusqu'à celui deGonionds, la frontière forme un angle rentrant,dont les points de Kovno el Grodno sont lesplus importants pour l’invasion et les mouve-ments offensifs ultérieurs des ennemis; ces deuxpoints sont d’autant plus à considérer, que si,d’après les dispositions générales , les assail-lants sont parvenus à franchir la frontière surl’un et sur l’autre points, ils prennent degrands espaces de terrain à revers. Dans lasection entre Folangen et Kovno, les ennemisobligent les défenseurs à céder sur la ligned’opérations de TilsitàRiga, le terrainjusqu’àSchawly et dans celle entre Kovno et Brest-Litovskoy , en se rendant maîtres de Grodno,ils éclairent le mouvement offensif de leurextrême droite jusqu’à Wolkovisk, isolent leposte de Bialislok et forcent les défenseurs àse replier avec leur gauche jusque derrière laRossa.
Ces considérations sont suffisantes pour dé-montrer que les opérations offensives d’unearmée qui franchit la frontière, surtout au mo-ment où l’équilibre des forces physiques est ensa faveur, comme le cas que nous offre lacampagne de 1812, ne sont entravées paraucun obstacle majeur. Les opérations défen-sives , au contraire, n’en deviennent que plusdifficiles à être soutenues.
Des liejnes et des bases d’opérations. — Cesont ordinairement les communications lesplus courtes, les plus praticables et les plus