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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA GUERRE DE 1812.

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ligne dopérations du comte Wittgenstein,naurait pas manqué de paralyserles opérationsoffensives de ce dernier sur Dolotzk ; car plusil se serait rapproché de la Duna et de cetteville, dont la possession était le but primitifde ses opérations, plus les mouvements offen-sifs du maréchal Macdonald auraient acquis desûreté et davantage.

Le comte Wittgenstein aurait été obligé dediriger un détachement équivalent en force àla division Grand-Jean, qui était renforcéepar le régiment de hussards prussien n° 1 ; etalors, que de chances favorables une dissémi-nation pareille naurait-elle pas offerte au ma-réchal Oudinot?

Ce mouvement offensif du maréchal Macdo-nald aurait pu aisément forcer le comte deWittgenstein, qui était trop faible pour pou-voir disséminer ses forces en détachementsdobservation, de se replier même jusquàOpotchka, de se couvrir par la ligne de la-likaïa, et y poursuivre ses opérations, en occu-pant une position centrale. Mais alors la corré-lation entre les opérations des deux générauxennemis naurait pas manqué de sétablir, ettoutes les chances du succès auraient été enfaveur des Français.

Maîtres de Sébège, la ligne de la Vélikaïa,jusquà Ostrov, se présente perpendiculaire-ment au mouvement en front de la droite desFrançais, tandis que la gauche, en poussantde Lutzin sur Ostrov, forçait les Russes à sereplier jusquà ce point. Ce nest à peu prèsquà Ostrov, que les oscillations de la Vélikaïaprésentent une position défensive avantageuse,en forçant les ennemis à la forcer de front, et le comte de Wittgenstein , en appuyant sadroite à la Schtchénitz, couvrant son front parla Vélikaïa, et sa gauche par loccupation dela station de Sinskaïa, aurait pu disputer ceterrain avec quelquavantage.

Toutes ces chances de succès furent para-lysées par la mollesse des mouvements du ma-

(i) Le capitaine Becker, témoin actif du combat, nousa livré une description très-détaillée et très-intéressantede ce combat, quil a fait suivre par la relation circon-stanciée que le général Torinassov a présentée à S. M.lempereur Alexandre. Le parallèle quon peut établirentre les deux bulletins, facilite beaucoup la connais-sance des vrais mouvements et la recherche des causesqui amenèrent un si brillant résultat. Le lecteur peut

réchal Macdonald. Los engagements dans cellesection de la spère dopérations du nord, pen-dant la première époque de la campagne, se bor-nèrent aux escarmouches dEckau et de Gra-fenthal.

Opérations de lextrême gauche des Russes ,en Volhynie. Sur lextrême gauche, les opé-rations commencèrent par le passage de larméedu général Tormassov, de la sphère dopérationsdu midi, dans celle du nord, en franchissantla barrière des marais du Pripet, du côté deBrest-Litovskoy et de Kobrin. Le préliminairede ces opérations fut le combat de Kobrin,on força la brigade dinfanterie saxonne, com-mandée par le général Klengel, de mettre basles armes (t).

Après cette défaite, les deux généraux princede Schwarzenberg et Régnier réunirent leurscorps, en prenant loffensive, avancèrent har-diment contre le général Tormassov. Les deuxarmées se choquèrent à Gorodeczno, entreProujany et Kobrin. La victoire fut valeureu-sement disputée pendant toute une journée,sans quelle se décidât positivement en faveurde lun ou de lautre parti. Le mouvement deflanc à la Frédéric II ( 2 ), que le général Ré-gnier exécuta par sa droite, ne produisit au-cun résultat décisif, car la défense fut aussiprompte et bien exécutée, que lattaque étaitbien conçue.

Cette attaque aurait pu avoir des suites fu-nestes pour les Russes ; mais il aurait fallu ymettre plus de promptitude. La faute qu011peut reprocher au général Régnier, cest dene pas avoir pressé ses mouvements offensifs.Dans des cas pareils à celui se trouvait legénéral français, la célérité des mouvements,en ravissant à ladversaire les moyens deparer le coup fatal, peut seule décider de lavictoire.

La précision avec laquelle le changement defront de la gauche en arrière, que larméerusse y exécuta , fut fait, dérangea le plan dal-

satisfaire sa curiosité dans le journal périodique alle-mand , intitulé : Kringsgcsehickliche und kringswis-sensclmftlichc monographian , tom. 1".

(2) Ce mouvement est absolument le même que celuique l'rcdéric-le-Crand voulut faire exécuter à son arméeà Kollin; mais qui nen fait pas moins honneur au gé-néral Régnier, qui a su ladapter au terrain et à la cir-constance.