CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS
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la ferme de Presménitza; car la possession deee poste le menait dans le flanc gauche destroupes du centre. Cette attaque fut faite parles divisions bavaroises de Wrede et Deroy.Malgré le feu meurtrier croisé de cartouches àhalles, avec lequel notre artillerie reçut ces2 divisions, elles se portèrent sur notre gau-che, qui malheureusement n’était pas assezfortement gardée, avec une impétuosité qu’onpeut sans doute égaler, mais qu’il est dillicilede surpasser. Les ennemis étaient, sur ce point,sans doute deux contre un : aussi malgré lecourage exemplaire des troupes qui y défen-daient le terrain, les Russes furent forcés dese replier.
Maître de Presménitza, le général Saint-Cyreut alors toutes les chances de succès en sa fa-veur. Le simple mouvement en front des Ba-varois, les menaient à dos du centre. Tout mou-vement offensif des Russes vers la Polola, futaussitôt paralysé.
Le centre du corps russe avait non-seule-inent résisté avec fermeté aux attaques réité-rées des ennemis, il parvint même à gagnerdu terrain. Le régiment des cuirassiers réunisde la garde impériale, fit, des prodiges de va-leur. Cet échantillon de l'élite de l’armée russeoffrit, aux yeux de leurs compagnons d’armes,le plus beau spectacle qu’une troupe, dont ladétermination passe les bornes de l’ordinaire,puisse offrir. Il aurait été dillicile de décernerla couronne au plus brave, ils combattirenttous comme des héros. Après avoir culbutéune colonne d'infanterie, enlevé 15 piècesde canon, et mis en fuite un régiment de chas-seurs à cheval ennemi, deux de ces escadronss’avançèrent même bien en avant vers la Po-lota, et frayaient ainsi le chemin de la victoireaux troupes du centre, auquel ce régimentappartenait. On fut cependant obligé de sus-pendre leurs efforts; la ferme de Presménitzaétait tombée au pouvoir des ennemis, la re-traite du centre et de la droite devenait doncindispensable. Après avoir effectué leur re-traite, les troupes se rassemblèrent, vers les9 heures du soir, à Gamselevo.
Les bois qui se trouvent entre les routes deNével et de Sébège, arrêtèrent la poursuitedes ennemis. Ne voulant pas s’engager dansdes taillis épais, n’offrant que peu de voiessûres, le général Saint-Cyr, n’osa poursuivre ses
succès sur son flanc droit, poursuite qui pou-vait cependant lui rapporter de nombreuxavantages. C’est à la lisière de ce bois que lefeu fut interrompu, comme par une puissancemagique. Après un feu des plus meurtriers, aumoment où les Russes pénétrèrent dans lesdéfilés, on n’entendit presque plus un seulcoup de fusil.
La France a été redevable de ce beau laitd’armes au caractère de décision que le généralSaint-Cyr y a déployé, et en grande partie àla participation courageuse et déterminée desdeux divisions bavaroises. La ferme de Pres-ménilza était la clef de la position russe, et cesont les généraux Wrede et Deroy qui s’enrendirent maîtres.
Celte lutte interrompit pendant deux moisentiers les hostilités entre ces deux corps. Lecomte Wiltgenslein se retira derrière la Drissa,dont il fit fortifier les approches, et résolut d’yattendre les secours qui devaient lui venir dePétersbourg. Son avant-garde prit position àBéloé. Le général Saint-Cyr, de son côté, étantrentré dans Polotzk, s’occupa des fortificationsde celte ville.
Opérations de l’extrême droite des Russes,sur la basse Duna .—Sur l’extrême droite desRusses, malgré la supériorité marquée desFrançais, qui y avaient rassemblé un corpsde 52,500 hommes, tandis que les Russes n’enavaient pas la moitié à leur opposer, les opé-rations ne présentent aucun caractère de déci-sion ni de gravité. Le maréchal Macdonald,après s’être approché des rives de la Duna,pris possession de Jacobstadt, et envoyé le gé-néral Gravert vers Mittau et Eckau, parut unmoment vouloir lier ses opérations sur la rivedroite de la Duna, avec celles du maréchalOudinot;mais malgré toutes les chances fa-vorables qui se présentèrent à lui, il se con-tenta de n’opérer que sur la rive gauche dufleuve.
En laissant le général Gravert, avec le corpsprussien, devant Riga, le maréchal Macdonaldaurait pourvu suffisamment à l’investissementcomplet de la place. Accompagné de la divi-sion Grand-Jean, il pouvait se porter en toutesécurité, du moins jusqu’à Lutzin, d’où il luiétait facile de pousser tantôt sur Sébège, tan-tôt sur Opotchka, et même inquiéter Ostrov.Cette position imposante, dans le flanc de la