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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS
Telles sont les fautes des préliminaires de labataille. Passons à l’engagement.
Le vice-roi s’étant rendu maître de Malo-Jaroslavetz, ne fit aucun préparatif pour fairefranchir la Lougea à ses divisions, sans les ex-poser à des pertes sensibles. Il choisit même,pour le passage, le point le moins avantageux,le sommet de l’angle saillant formé par cetterivière. A quelques kilomètres plus haut quela ville, il avai t un point plus propice, dontil négligea de faire usage.
Il faut croire que les Français oublièrent defaire reconnaître les oscillations de la rivière.Aussi qu’arriva-t-il? Les Russes établirent defortes batteries sur la rive droite de la Lougea,entre Czourikovo et Malo-Jaroslavetz, et écra-sèrent les colonnes qui se portaient sur le pontvis-à-vis de la ville.
En arrêtant par un feu bien dirigé la marchedes troupes assaillantes, l’artillerie russe nepermit aux ennemis de s’engager que successi-vement, et leur ravit ainsi les moyens de porterun coup décisif. Napoléonrestaspectateur inac-tif de celte lutte sanglante, tandis qu’il pouvaitvenir encore à temps avec une partie de sestroupes pour prendre une part active au combat.
En franchissant la Lougea au-dessus de Malo-Jaroslavelz, un mouvement décisif, par la routede Médynn , réparait tous les maux que l’arri-vée et la position du maréchal Koutousov ve-nait d’enfanter. 11 négligea de faire un mou-vement de conversion aussi avantageux par sesrésultats, que facile par son exécution, et enfut cruellement puni.
Combien, ce jour-là, ses dispositions étaientau-dessous des conceptions hardies qu’il dé-ploya à la bataille d’Eckmühl. Les positionscependant avaient beaucoup d’homogénéité ,mais quelle dillérence de résultat ( 1 )!
Le combat de Malo-Jaroslavetz fut pour l’ar-mée russe un moment du plus haut intérêt.C’est celui où elle reprit l’offensive, qu’elle n’aplus cédé à son ennemie jusqu’à la fin de lacampagne.
Seconde bataille de Polotzk. — A peu près à
(r) Les dispositions vicieuses de Napoléon, dans cettejournée, ont été, à mon avis, la plus grande faute qu’ilait commise dans cette campagne; car si son séjourprolongé et inutile à XVilna en était une, cette fautepouvait encore se réparer à Smolensk, tandis que celle
la même époque, le comte Wittgenstein portaità ses ennemis un coup non moins sensible parla prise de Polotzk, et préparait les grands ré-sultats du combat de Stoudenki. Au mois d’oc-tobre, il fut renforcé par le corps du généralcomte de Sleingell, qui devint disponible à lasuite des conférences que l’empereur Alexandreeut à Abo , avec le prince royal de Suède. Cecorps montait à 10,082 hommes.
A peu près dans le même temps, le comteWittgenstein, reçut encore un renfort de Pé-tersbourg, composé de 5 bataillons, -12 co-hortes de milice, de 6 escadrons et de 2 com-pagnies d’artillerie. La force de ce renfortétait de 14,347 hommes, ce qui fit montercelle du corps du comte Wittgenstein, à 37,944.Le total des troupes qui devaient attaquer Po-lotzk, par les deux rives, montait à 48,026hommes.
La ville fut attaquée en trois colonnes prin-cipales ;
La première colonne, connmandée par lecomte' Wittgenstein en perso ,nlje > comptait20,825 hommes ( 2 ).
La deuxième, sous les ordres du px-inceJachvill, avait 11,299 hommes sous les armes.
La troisième, composée du c-’orps du comtede Sleingell, et des détachements des colonelscomte de Sievers et Bedriagua, présentait unnumérique de 13,000 hommes.
Les deux premièrescolonnes se trouvaient surlarive droitede la Duna,maiselles étaientsépa-rées parla Polota. Un terrain boisé et aquatiqueparalysait encore plus la libre communicationentre les deux premières colonnes, tandis quela troisième, se trouvant sur la rive opposée dela Duna, était beaucoup trop éloignée pourque la coïncidence de leurs opérations pût êtreparfaite. Il arriva ce qui arrive presque tou-jours dans des opérations concentriques, lors-qu’il n’existe pas de corrélation intime entreles différentes colonnes, c’est que les engage-ments, au lieu d’être simultanés, furent con-sécutifs. L’ennemi en profita pour opposer desforces majeures contre chacun de ses ennemis
qu’il commit dans la journée de Malo-Jaroslavetz en-traînait l’armée dans un dédale de malheurs et de souf-frances.
( 2 ) Le détachement du général Aleréiev, fort de 3,320hommes, se trouvait à Slrouny.