DE LA GUERRE DE 1812.
vement parallèle à la position du maréchalKoutousov pouvant être inquiété, le flanc gau-che de l’armée était celui que Napoléon devaitdonc chercher à mettre à l’abri des attaquesennemies. Jusqu’à Faminskoïé, il l’était par laposition avancée du roi de Naples, qui occu-pait la vieille route de Kalouga. Maître du pas-sage de la Nara à Faminskoïé, la marche del’armée était couverte par cette rivière jusqu’àRorovsk, elle s’assurait du passage delaProlvadans cette ville, et reportait l’armée , sans in-convénient, jusqu’à Malo-Jaroslavetz.
Malo-Jaroslavelz est le point central d’où lesroutes se partagent, dont l’une va à Kalouga ,l’autre par Médynn et Jouknov à Smolensk. Ilétait donc de l’intérêt du maréchal Koutousovde le défendre, et de celui de Napoléon de s’enrendre maître. Les deux armées devaient doncse choquer à Malo-Jaroslavetz, comme le fait leprouve ( 1 ).
Combat de Malo-Jaroslavetz. — Pour unevictoire aussi importante que l’était pour Na-poléon celle de Malo-Jaroslavetz , la lutte n’aété n’y assez opiniâtre, ni assez bien combinée.A mon avis, la bataille de Borodino même luiétait moins nécessaire que celle de Malo-Jaros-lavetz. La première lui ouvrit, il est vrai, lesportes de Moscou, mais ne lui livra qu’un tro-phée stérile et sans résultat; le salut de sonarmée dépendait de la seconde.
Les apprêts de la guerre avaient fait de Smo-lensk et de Wilna, des points que l’armée fran-çaise ne pouvait éviter dans sa retraite. Parconséquent, la direction méridionale que Napo-léon venait de prendre, n’était vraiment avan-tageuse que jusqu’au moment où il parvint àgagner une communication latérale, qui putlui offrir encore quelques ressources, et le con-duire à Smolensk. Celle de Médynn, Joukhnovet Massalsk, était justement tout ce qu’il luifallait.
En franchissant la Lougea pour livrer lecombat de Malo-Jaroslavetz, le point décisifétait, sans contredit, sur le flanc droit de l’ar-mée française. Ainsi, au lieu d’exposer ses
( 1 ) Ce qui prouve que ce n’était pas un mouvement deconversion pour tourner le camp de Taroutino, commeun des auteurs a voulu le prétendre; mais une simplemarche sur la communication que les circonstances et laconfiguration topographique, présentaient comme la
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troupes à des pertes aussi inutiles que les ré-sultats ont été peu décisifs, le vice-roi devaitleur faire franchir la Lougea, non vis-à-vis deMalo-Jaroslavetz, mais à 3 ou 4 kilomètresplus haut que la ville, en ne faisant de ce côtéqu’une fausse attaque pour distraire ses en-nemis. Maître de la route de Médynn, il for-çait le flanc gauche des Russes d’abandonnerla route de Kalouga et de se replier jusque surcelle de Serpoukhov, car le mouvement desFrançais aurait menacé non-seulement le flancgauche des Russes, mais les auraient mêmeexposés à être tournés et pris à dos.
Maître des deux rives de la Lougea, au-dessusde Malo-Jaroslavetz, rien ne pouvait s’opposeraux progrès que Napoléon pouvait faire sur laroute de Médynn. Il devait aussitôt reportertoute son armée sur la rive droite, et pronon-cer son mouvement offensif vers Malo-Jaros-lavetz. La position avantageuse qu’il aurait euedans le flanc de la grande roule, aurait forcéle prince Koutousov à s’éloigner de la route deKalouga, et l’aurait forcé à opérer un mouve-ment de conversion en arrière, en pivotantsur le flanc droit; mouvement qui n’aurait pasmanqué d’être épineux, si Napoléon était par-venu à reporter son armée sur la rive droitede la Lougea.
Il se contenta , au conlraire, de venir de sapersonne reconnaître la position des Russes,et retourna à Gorodnia, sans faire une seuledémonstration avantageuse et décisive.
Dans cette circonstance, deux alternativesentre lesquelles il fallait opter, devaient né-cessairement se présenter à son imagination :
1° Ne pas engager de combat sérieux à Malo-Jaroslavetz, mais être obligé de continuer saretraite par le chemin dévasté de Mojaisk etWiasma, en mettant son armée à la merci desplus grands maux;
2° Déposter ses ennemis de Malo-Jarosla-vetz , et se ménager une nouvelle direction,en conquérant une communication avanta-geuse.
Le choix n’était pas difficile à faire.
seule avantageuse pour Napoléon. Je crois aussi qu’unmouvement de conversion le long d’une courbe de plusde 19 myriamètres (de Moscou à Kalouga), dont le plusgrand segment (de Taroutino à Malo-Jaroslavetz) étaità peu près de 4 myriamètres, ne peut être qu’idéal.