Buch 
Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
Entstehung
Seite
92
JPEG-Download
 

MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

1)2

du centre, par Ëtanipes à Orléans, et celle degauche, par Fontainebleau et Monlargisà Gien.En se portant sur l’une des deux communica-tions de flanc pour tourner Orléans, les assail-lants auraient été, non-seulement entraînésdans des mouvements d’une grande circonfé-rence , mais auraient aussi compromis leurspropres communications avec Paris, que lesFrançais auraient pu, sans rien risquer, inter-cepter sur Châleaudun ou Montargis.

Lorsque la convexité est tournée du côté desdéfenseurs, tous les avantages pour le passagesont, au contraire, en faveur des assaillants.Une armée qui défendrait l’Elbe du côté deWittenberg, ne pourrait s’opposer que très-difficilement au passage de la masse offensive,qui, basée sur Leipzig, trouverait du côté deTorgau les moyens de franchir la ligne défen-sive, sans risquer de compromettre ses commu-nications.

Lorsque le passage du fleuve est forcé, alorsles affluents qui tombent d’équerre, peuventservir d’abri pour les défenseurs qui trouvent,sous leur protection, des positions de flanc très-avantageuses. Les grandes prérogatives de ceréseau de courants, se sont fait sentir d’unemanière sensible dans la campagne de 1795,sur le Rhin, par les positions que l’armée ré-publicaine prit successivement derrière laQueich, la Lauter et après la reddition des li-gnes de Weisenbourg, derrière la Mottcr et leZorn. Protégées sur leur droite par le Rhin,sur leur gauche par les Vosges, les troupesfrançaises ne durentleurs premiers échecs qu’àl’inaction de Custine, et la perle des lignes deWeissenbourg, qu’à l’incapacité de Carlen, quine sût pas utiliser l’appui que lui offraient lesVosges, et qui se laissa déposler d’une positionaussi formidable.

Les points culminants des chaînes, où lesfleuves, qui caractérisent les lignes de flancdont nous venons de parler, prennent leurssources, deviennent les plus fermes appuis deces sortes de positions. Ces parties des monta-gnes revendiquent aussi une attention particu-lière. Pirmasens et Fischbach, ouvrant lesdébouchés vers les revers orientaux des Vos-ges, c’était sur les plateaux du côté de cesdeux points que les républicains devaient por-ter leur attention pour y utiliser leurs effortsdéfensifs.

Après le combat de Dannigkov, livré le 5avril 1813, le vice-roi d'Italie, ne possédantplus les moyens de défendre le passage de l’Elbeà force ouverte, prit aussi une position de flancdans le sens de celles dont nous venons deparler. Le front de la position stratégique étaitcouvert par la Saale, sa gauche s’appuyait auconfluent de ce fleuve et de l’Elbe, sa droite àla chaîne du Harz.

Il est cependant indispensable que les pointsde passage du fleuve principal, en arrière dela position défensive de flanc, soient bien assu-rés , afin de prévenir le danger d'être pris àdos. C’est ainsi que l’insouciance du généralCarlen , qui ne laissa qu’un demi-bataillon desPyrénées à Seltz, facilita l’entreprise du princede Waldeck, qui parvint à forcer le passage duRhin plus bas que Laulerbourg, à Plilersdorf.Ce n’est qu’aux difficultés topographiques qu’ileutàcomhattre du côté de Modem, que l’arméerépublicaine fut redevable de la conservationde Laulerbourg et de l’affranchissement de saligne de communication avec Strasbourg.

Lorsqu’une place forte estconstruite au con-fluent de deux fleuves, dont l’un tombe d’é-querre sur l’autre, de manière à pouvoir do-miner les trois débouchés que la configurationdes cours nous présentent, la position devientd’autant plus avantageuse que, pouvant ma-nœuvrer avec la même sécurité sur trois routesdifférentes, les défenseurs se ménagent troissphères d’opérations où, pouvant combattreavec une masse concentrée, ils forceront leursennemis à diriger leur observation vers toutesles trois, et les obligeront à disséminer leursforces. Une place forte construite sur un typepareil devient une position centrale d’un très-grand avantage.

POSITIONS DE LA 2 me CATÉGORIE.

En 1806, au commencement des hostilités,si les Prussiens avaient fait front du côté ce lachaîne de l’Erz et le rameau de Fichtelberg,ils auraient pu profiter des avantages des po-sitions de la seconde catégorie, entre la Siale,l’Elsler et la Mulda. Les points culminantsqu’indique le partage des eaux, qui déversentdans des directions opposées leurs tributsdans ces fleuves, et que nous devons envisigercomme les points stratégiques de ces sortis depositions, auraient offert aux Prussiens des