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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

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HUITIÈME MÉMOIRE.

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sur. LES BASES D’APPROVISIONNEMENTS, ET SUIl CELLES D’OPÉRATIONS.

Le mot baser, pris dans son sens propre, si-gnifie : appuyer sur une base solide. La based’approvisionnement est donc celle qui sou-tient les approvisionnements, d’où on fournitles choses nécessaires, tandis que la base d’o-pérations consolide les manœuvres.

La guerre est faite par l’armée, l’armée estsoutenue par les munitions de guerre et debouche. Les opérations sont l’agent représen-tatif de la guerre, l’armée est l’agent actif desopérations. Pour faire la guerre, il faut faireopérer l’armée ; pour conserver la force mo-bile, il faut l’armer et la faire subsister. Faireopérer une armée ou la faire subsister, sontdeux éléments différents de la guerre, et se sou-tiennent à l’aide de deux principes différentsaussi. Il faut à chacun une base, dont l’unenourrisse l’armée et l’autre seconde ses opéra-tions.

Si les grandes manœuvres ne possédaientaucun appui de la nature ou de l’art qui leurdonnât un trait caractéristique de prépondé-rance sur les éléments de la tactique , un chocgénéral serait l’unique but des mouvements, etune victoire suffirait toujours pour forcer l’en-nemi à abandonner le théâtre de la guerre.

Celte différence des bases et des propriétésqui doivent les caractériser, n.e paraît d’autantplus indispensable que, si nous voulions faire

de notre base d’approvisionnement, celle denos opérations, nous tomberions facilementdans de graves inconvénients. La solidité de labase d’opérations étant souvent précaire, un jrevers inattendu nous obligeant quelquefois àl’abandonner pour aller en chercher une autredans l’intérieur du pays : si, comme je viensde le supposer, notre base d’approvisionne-ment était aussi celle des opérations, en l’a-bandonnant au pouvoir des ennemis, noussaperions dans son fondement l’entretien del’agent actif des opérations de l’armée, et nousfinirions par la paralyser.

Voilà ce qui m’a porté à discuter les pro- |priétés des bases sur lesquelles reposent les 1éléments de la guerre, sous deux rapports dif- iférents. Les bases d’approvisionnements et d’o-pérations me paraissent être fondées sur desprincipes, et tendre vers des buts si peu homo- <gènes, que, pour ne pas leur donner des déno-minations qui soient contraires au sens del’objet, j’ai cru devoir les partager :

1. En base d’approvisionnement ;

2. En bases d’opérations.

La première est celle qui contiendra lesdépôts de tout ce qui peut être nécessaire àl’armée pour faire la guerre, tandis que lessecondes serviront de pivot et d’appui auxopérations. Dans l’offensive , on quitte la base