DE LA STRATÉGIE.
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des approvisionnements pour atteindre celledes opérations, tandis que, dans la défensive,on abandonne la dernière pour se replier surla première.
C’est ainsi qu’en 1813 l’armée de Bohèmeavait sa base d’approvisionnement sur la Mol-dau, et celle d’opérations sur l’Eger et les reversseptentrionaux des montagnes de l’Erz. Le ma-réchal Blücher, dans la même campagne, avaitsa base d’approvisionnement sur l'Oder et sesbases d'opérations alternativement sur la Kalz-bach, la Queiss et la Neisse. Dans la guerreque les Russes ont soutenu contre les Turcsen 1823 et 1829, celte différence de base de-vient plus palpable encore. Odessa a été labase d’approvisionnement, tandis que l’arméeopérait en Bulgarie, et plus lard en Roumélie.
La base d’approvisionnement étant celle quialimente et soutient la guerre en général, doitcontenir les dépôts des munilions de guerre etde bouche, des armes, des habillements etmême la masse des recrues qui complètent lestroupes. Comme l'agent actif des opérations,l’armée, dénuée de toutes ces ressources, peutêtre facilement paralysée, il est tout juste deles mettre tellement à l’abri, que l’ennemi nepuisse y parvenir, ou même en atteignant cesdifférents dépôts, ne puisse s’en rendre maître.L’armée qui les défend doit songer à les sous-traire aux désavantages du premier cas, tandisque le choix des points où se font les rassem-blements doivent être à l’abri d’un coup demain, c’est-à-dire, dans des places fortes. Lesforteresses se construisant ordinairement surles grands fleuves, dont la masse des eaux offreà ces points défensifs beaucoup de stabilité etde facilité de communication, les bases d’ap-provisionnements sont, par le fait même, choi-sies ordinairement sur des fleuves fortifiés.
Le nombre de ces places doit être multiplepour posséder plus de lignes de communicationsavec l’armée et pour faciliter les transports.
Nous considérerons l’armée comme l’agentdéfensif immédiat de notre base d’approvision-nement , et les secours de l’art comme le com-plément de ses propriétés.
Lorsque la base d'approvisionnement, renfor-cée par l’art, se trouve aussi sous la protectionimmédiate de l’armée qui opère sur une ligneavancée, il est tout juste qu’une hase pareilleest à l’abri de toute atteinte. Même un ennemi
audacieux , faisant abstraction de toutes lesconsidérations qui doivent guider ses opérationsstratégiques, se porterait-il vers la base ets’engagerait-il dans un mouvement lointain, lapunition suivrait de près. En se portant à dosdes défenseurs, en masse ou avec une partiede l’armée assaillante , il est tout simple que,dans le premier cas, il découvre tout à fait l’objetde sa propre défense et le livre aux atteintes deses adversaires, et, dans le second, il affaiblit,en la disséminant, la masse qui le défend etmet ses parties à la merci d'une défaite. Cessortes de mouvements sont très-dangereux etsouvent plus pernicieux qu’utiles.
Nous avons sous les yeux un exemple bienterrible : et, quoiqu’un exemple ne soit quel-quefois qu’une règle exceptionnelle; mais lerésultat en a été tellement immense et éton-nant, qu’il peut servir d’indication pour cequ’il faut craindre dans de pareils cas. C’estcelui que nous offre la campagne de 1814 elle mouvement de Napoléon sur Saint-Dizier etJoinville. Il dissémina les troupes qui défen-daient Paris, pour se porter contre la hase desalliés, exposa l’objet principal des opérationsen affaiblissant l’armée qui le couvrait, et mit,ainsi ses fractions à la merci d’une défaite com-plète. Le résultat de ces manœuvres nous estconnu.
Si la base d’approvisionnement, dans la di-rection de laquelle se trouve ordinairementaussi l’objet principal des opérations, n’est pasrenforcée par l’art, certes qu’une attaque desennemis peu t la mettre plus tôt en danger; mais,dans un cas pareil aussi, si elle se trouve sousla protection immédiate de l’armée, il n’estpas toujours convenable de risquer de cesgrands mouvements de conversions pour s’enrapprocher, en laissant l’armée défensive dansle flanc. Le plus avantageux est toujours demanœuvrer de manière à déposter cette armée,de la rejeter dans un sens inverse de ses direc-tions naturelles, et de s’ouvrir, de cette manière,une voie sûre et facile vers la base de ses en-nemis. Les résultats de pareilles manœuvressont ordinairement très-grands, et décidentquelquefois d’une campagne entière. La guerreque les Français ont soutenue contre les Au-trichiens, en 1809, en offre un exemple. Aprèsla défaite d’Eckmühl, l’archiduc ayant été re-jeté en sens inverse de sa direction naturelle
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