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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
portantes pour les défenseurs comme pour lesassaillants. En se rendant maîtres d’un pointpareil, d’où on puisse se porter en masse surplusieurs directions, on force quelcpiefois lesadversaires, intéressés à opposer de la résis-tance sur chacune, de disséminer leurs forceset de s’affaiblir sur tous les points.
Avant d’achever cette dissertation, il n’estpas inutile de consacrer quelques lignes à undernier objet, que nous devons mettre dans lacatégorie des objets secondaires, c’est l’objetdes opérations stratégiques d’un champ de ba-taille. Sa possession influant non-seulement surles modulations d’une affaire générale, maisaussi sur les suites d’une victoire ou d’une dé-faite, il est indispensable d’y fixer son atten-tion. Cet objet est celui qui, du champ debataille, nous mène vers l'objet secondaire ouprincipal des opérations des adversaires, parune voie plus courte que celle que les défen-seurs ont à parcourir pour l’atteindre. La ba-taille de Bautzen nous en offre un exemple bieninstructif. Les points de Preititz et de Gleina(Fig. 8) étant plus rapprochés de Reichenbach,point de retraite des alliés, que ne le sont lespoints de Rreckvilz et de Klein-Jenkovilz, lavictoire nemanqua pas de se déclarer en faveurdes Français, du moment où ils se rendirentmaîtres de ces deux postes.
Un procédé géométrique très-simple peutnous guider dans la recherche de l'objet stra-tégique d'un champ de bataille. Si même ceprocédé ne nous sert pas d’une manière infail-lible dans tous les cas, il nous sera d’une grandeutilité dans beaucoup d’autres.
Soient A, B, C, D (Fig. 7), les quatre pointsqui désignent la première ligne de bataille;BE, la ligne de retraite. En joignant les pointsA, Del E par les lignes AE, AD et DE, nousformerons un triangle auquel je donnerai ladénomi na lion de triangle stratégique d’un champde bataille. Le poste E étant le point de retraite,l’objet stratégique devra donc se trouver surl’extrémité de la ligne de bataille au point D;car la ligne DE étant plus courte que les lignesBE et AE sera la communication qui mèneraau plus grand résultat, et D sera le pointstratégique du champ de bataille.
En faisant l’application de ce procédé auterrain, en prenant pour exemple la bataillede Lulzen et la position de l’armée française,
le lecteur se convaincra facilement que l’objetstratégique du champ de bataille était sur leflanc droit de la position française, au pointde Slarsiedel. En effet,si les alliés, au lieu deporter leur attention sur le centre et le flancgauche des adversaires, avaient dirigé leursefforts contre l’aile droite, ils auraient pu don-ner une tournure avantageuse à la bataille, enmenaçant et en compromettant la ligne de re-traite des Français.
Ce procédé géométrique me parait d’autantplus utile, qu’il peut facilement s’appliquer àtous les champs de bataille, et simplifie unerecherche essentielle que l’idéologie militairerendait souvent abstraite.
L'influence que la stratégie a sur les suitesd’une bataille étant très-grande, il est toujoursplus avantageux, lorsque les objets stratégiqueet tactique d’un champ de bataille ne se trou-vent pas dans la même direction, de dirigerl’attaque primitive plutôt contre le premierque contre le dernier, quand même la possi-bilité de le conquérir exposerait à de grandesdifficultés.
DE L’OBJET PASSIF PRINCIPAL.
L’objet principal est un point difficile à dé-signer d’une manière invariable. Le sort de laguerre dépend souvent de l’énergie de carac-tère du souverain ou de la nation. Les campa-gnes de Russie et d’Espagne en sont un tableaudont les teintes possèdent un caractère nondouteux. Tout est relatif à l’égard de la recher-che de ce point; je m’abstiendrai même de lasoumettre à une désignation invariable.
Néanmoins, les rapprochements des différentséléments, surtout lorsqu’ils sont appuyés pardes exemples, forment quelquefois, d’une chosevague dans son principe, un domaine où lesprobabilités acquièrent un certain caractère destabilité. Il en est de même de la recherche del’objet principal des opérations. La capitaleest ordinairement le foyer où, par le contactde la nation entière et des pays limitrophes, seconcentrent l’industrie, la civilisation et lesrichesses nationales et individuelles. Tels sontParis pour la France, Vienne pour l’Autriche,Berlin pour la Prusse, etc.
La concentration de tant de trésors formede la capitale le point le plus cher et plus le