DE LA STRATÉGIE.
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essentiel de la nation. * En s’en emparant,comme l’a dit un auteur célèbre ( 1 ), on frappeau cœur le principe vital » et le résultat d’uneconquête pareille devrait être toujours d’ungrand avantage pour les vainqueurs, et destruc-tif pour les vaincus. Mais quelle différence derésultat n’avons-nous pas vu dans les campa-gnes des années 1806, 1809, 1812 et 1814?La Prusse et la Russie continuèrent la guerre,quoique les capitales fussent tombées au pou-voir des ennemis ; l’Autriche et la France firentla paix, du moment où les objets principaux desopérations furent occupés par les adversaires.
Pour que les circonstances ne nous mettentpas dans la triste obligation de nous soumettreà ces désavantages, on devrait chercher à pla-cerces grands foyers, qui influentsouvent d’unemanière si vicieuse sur l’issue des guerres, ensens opposé des directions que la stratégie nousindique comme les plus sûres, ou les moinspernicieuses par leur position topographique.
Nous en trouvons un exemple en Russie.Pétersbourg, foyer principal de l’industrie, dela civilisation et des richesses nationales et in-
(î) Le comte Mathieu Dumas.
dividuelles, adossé à la mer, entraînant lesopérations dans des inconvénients très-grands,est loin d’être l’objet principal des opérationsstratégiques. Le second, Moscou, par son éloi-gnement des frontières occidentales de l’em-pire, ne peut servir d’appât qu’aux peuples del’Asie.
Comme tous les pays ne sont pas favorisésde même dans l’emplacement de l’objet prin-cipal des opérations, il faudrait y obvier pard’autres moyens. Le seul qui reste au pouvoirdes nations est d’accorder à la capitale tous leséléments d’une force supérieure, qui puisserésister à celle des armées ennemies et aux res-sources de la tactique, et, ce moyen, nous letrouvons dans les fortifications.
Mon avis ne pouvant être que d’un poidsmédiocre dans une discussion aussi grave, jene puis mieux faire que de l’appuyer par lesassertions énoncées par les maîtres de l'art.Tant de militaires distingués se sont prononcésen faveur des fortifications des capitales, leursraisonnements sont fondés sur tant deprincipesstables et profonds, que, je suppose, il ne resteplus aucun doute sur l’efficacité d’une disposi-tion pareille.
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