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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

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les points qui le forment, carsi l’un d’eux, tom-bait au pouvoir des ennemis, tout le (déploie-ment serait mis en défaut. La ligne menacéesur un des flancs, ou percée dans le centre,perdrait de sa stabilité, et les troupes qui l’oc-cupent , séparées les unes des autres, seraientobligées d’aller en chercher une autre, ou demanœuvrer de manière à reconquérir le pointperdu.

Le déploiement stratégique doit être en rap-port direct, dans l’oflensdve, avec l’objet qu’onveut atteindre, et, dansladéfensive,avec celuivers lequel on dirige son mouvement rétro-grade. Cette analogie entre les points de dé-part et celui que les armées veulent atteindre,en fait dériver une combinaison de mouvementsqui nous ramène dans le domaine des grandesopérations offensives et défensives. Je me ré-serve donc d’en parler avec plus de détail,lorsque je serai parvenu à ces deux sectionsimportantes de la science militaire.

Une position stratégique présuppose un dé-ploiement stratégique aussi; par conséquent,non l’occupation d’un point isolé, mais cellede plusieurs points, dont la liaison forme uneétendue de terrain que nous désignons parbases d’opérations ou lignes stratégiques, l’arrapport au terrain, ces lignes peuvent êtrepartagées en deux catégories :

1. En lignes dont les espaces qui se trouvententre les objets des opérations offrent des obs-tacles non interrompus, comme un grandfleuve, ou une chaîne de montagnes;

2. En lignes dont les espaces entre les objetsdes opérations, n’offrent aucune difliculté pourles franchir.

Les lignes de la première catégorie sont or-dinairement plus difficiles à forcer, que cellesde la seconde, car si les points que les assail-lants veulent attaquer sont connus, les défen-seurs trouvant sous la protection de chaque

objet des opérations, une position favorable,forcent leurs adversaires à venir attaquer defront l’armée défensive et le point qu’elle pro-tège. La défaite de l’objet actif des opérations,en paralysant la défense immédiate, peut seulenous mettre en possession d’une pareille lignestratégique.

La campagne de 1813, en Allemagne, nousen offre un exemple. Les défaites des arméesfrançaises à Dennevitz, sur la Katzkach, et àCulm, avaient tellement affaibli le numériquede leurs forces, que les alliés n'appréhendèrentplus de se jeter en masse sur la ligne d’opéra-tions principale des ennemis, et les forçèrentpar là à abandonner la ligne stratégique del’Elbe, qui fut franchie sans difficulté après cestrois victoires décisives.

Une ligne formée par une chaîne de monta-gnes, qui lie les objets d’opérations entre eux,est celle que la chaîne du Ilœmus offrait auxTurcs en 1829, mais dont ils n’ont su tireraucun parti. La rivière de Kamtschik, qui seprésentait transversalement à la marche descolonnes russes, en rehaussait les grands avan-tages. Mais les Turcs n’ayant pas su s’opposerà notre entrée dans les Balkans, ne furent plusen état de nous arrêter sur la ligne du Kamts-chik , qui fut forcée à gué par nos intrépideschasseurs.

Les bases d’opérations qui sont marquéespar des points auxquels l’art ou la nature ontaccordé une sorte de stabilité, étant les plusavantageuses pour appuyer les grandes opéra-tions, sont aussi les lignes sur lesquelles lesarmées cherchent ordinairement à se mainteniret qui servent de pivots à leurs mouvements.

C’est en déposlant les ennemis d’une based’opérations sur une autre, qu’on s’empare dupays qu’on attaque. On refoule les défenseursjusqu’à l’objet principal, et on met fin auxhostilités en s’en rendant maître.