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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

ONZIEME MÉMOIRE.

SU 11 LES LIGNES ALIMENTAIRES, ET SUR CELLES D’OPÉRATIONS.

Toutes les lignes qui, parlant des bases d’ap-provisionnements ou des opérations, les réu-nissentavec les objets secondaires ou principal,s’appellent lignes de communications. Pourêtre cependant plus en rapport avec les pro-priétés qui les caractérisent, je les nommerailignes de jonctions (t). Les autres militairesqui ont écrit sur la stratégie ont donné à toutesces lignes de jonctions la même dénomination,en les appelant lignes d’opérations. Confondredeux objets qui servent à deux buts tout à faitdifférents, et dont les éléments sont différentsaussi, c’est aller à grands pas vers des écartsqui font un tort réel à la science et qui nouségarent dans son application.

Fidèle au système de précision auquel je mesuis fait une loi d’assujétir la stratégie, je croisdevoir faire une différence qui servira de guideau jugement que nous devons porter sur leslignes de jonctions.

Je partage ces voies que nous appelons, engénéral, lignes, sur lesquelles roulent le char-riage des munitions de guerre et débouché, etsur lesquelles reposent les grands mouvementsdes armées, en deux genres, qui sont :

( 1 ) Je préfère la dénomination de jonction, car ceslignes étant celles qui joignent les points d’où partentles armées, avec les objets qu’elles se proposent d’at-

1. Les lignes alimentaires;

2. Les lignes d’opérations.

Les premières sont celles qui alimentent laguerre et qui servent au transport des muni-tions de guerre et de bouche; les secondessont celles sur lesquelles les armées se meu-vent, lorsqu’elles veulent atteindre l’objet desopérations.

Si les voies qui servent de ligne aux opéra-tions étaient toujours les mêmes que cellesqui servent au transport des différents appro-visionnements, il serait juste que la différenceque je viens d’énoncer fût envisagée commeun écart. L’expérience, au contraire, que j’ap-pellerai à mon secours, parlera en faveur demon assertion et suffira, j’espère, pour me dis-culper.

Pendant la campagne de 1809, après la ba-taille d’Eckmiihl, l’armée française choisitpour ligne d’opérations , la grande communi-cation qui, longeant la rive droite du Danube,mène par le chemin le plus courl à Vienne.Mais combien de fois le Danube, qui couleparallèlement à lalignedes opérations, n’a-l-ilI>as servi de voie de communication pour le

teindre, me paraissent, sous le rapport du sens général,être mieux rendues par la dénomination de lignes dejonctions.