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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

transport des approvisionnements? La granderoute de Linz à Molk a servi de ligne d’opé-rations aux Français, tandis que le Danube apu être et a été, peut-être, leur ligne alimen-taire.

Ce cas peu toujours avoir lieu lorsqu’ungrand fleuve tombe d’équerre sur la base d’ap-provisionnement. Les grands fleuves navigablesétant les communications les plus faciles, onsimplifie beaucoup le transport de l’approvi-sionnement, toutes les lois qu’on est dans lecas de s’en servir, et qu’on s’en sert effecti-vement.

En 1828, dans la guerre contre les Turcs, lacommunication qui, partant d’Isakezi, passe parBabadag et Basardjik, servit de ligne d’opéra-tions aux Russes, tandis qu’Odessa, qui étaitla base alimentaire, fournissait tous les appro-visionnements par la mer Noire dans les villesmaritimes, d’où on les transportait vers lespoints qu’occupaient les troupes.

Lorsqu’on est favorisé par les localités,comme les Russes le sont dans leurs guerrescontre les Turcs, il est tout juste que les avan-tages qui en reviennent soient très-grands. Laligne alimentaire n’étant pas celle d’opérations,on ne se trouve pas à la merci des mêmes dé-sastres, lorsque l’ennemi nepeutse porter quesur celle d’opérations. Le transport des appro-visionnements n’étant soumis à aucune inter-ruption, l’interception de la ligne d’opéra-tions, ne pourra plus avoir une influence aussivicieuse sur les différents mouvements, et sera,dans beaucoup de cas, plutôt un désavantagelactique que stratégique.

Les lignes d'approvisionnements, cependant,s’identifient souvent avec celles d’opérationsou de coopérations : ces cas ont toujours lieulorsque les fleuves qui déchirent le théâtre dela guerre coulent parallèlement à la base d’ap-provisionnement; mais celle exception néan-moins ne doit pas annuler la différence que j’aicru devoir mettre entre elles. Cette différenceest d’autant plus palpable, que les mêmes com-munications ne servent pas toujours de voiesau charriage des munitions de guerre et de

( 1 ) C'est une dénomination que nous devons au géné-ral Vaudoncourt. Ce mot explique si bien le principe dela chose , que je ne doute pas que les militaires se re-fusent de le recevoir comme terme militaire technique.

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bouche et aux mouvements des armées. Ainsi,entre plusieurs routes qui mèneront au mêmeobjet des opérations, il y en aura qui servirontau charriage de l’approvisionnement, que nousdésignerons par lignes alimentaires, et d’autresoù l’on fera mouvoir les armées, que nousnommerons lignes d’opérations.

Je partagerai encore les lignes d’opérationsen deux genres différents :

1. En ligne d’opérations principale : c’estla communication qui nous mène à l’objet desopérations par le chemin le plus court ; quisert de voie à la plus forte masse des troupesoffensives et de direction à l’opération princi-pale. Je la nommerai ligne directrice d’opéra-tions.

2. En lignes d’opérations, qui servent dedirection aux colonnes, dont la tâche est, touten coopérant au même but, de flanquer ladirectrice et de la mettre en sûreté. Je les dési-gnerai par lignes de coopérations (î).

Les lignes, en général, alimentaires et d’opé-rations , sont d’une importance majeure ; carservant de voies aux approvisionnements et dedirection aux opérations, elles doivent, dansles deux cas, être mises sous la sauve-gardede l’armée, et choisies de manière à ne pas êtreà la merci des attaques des ennemis qui, eninterceptant une des lignes, finiraient par ra-vir à l’armée active les éléments indispensablesà son existence, ou par paralyser les grandesopérations.

Ces différentes routes doivent être facilespour les transport des approvisionnements, lemouvement de toutes les armes, et assuréescontre les attaques des ennemis.

Pour garantir la faciliter des transports desapprovisionnements et le mouvement des diffé-rentes armes , il faut :

1. Que le terrain soit ferme et à l’abri d’uneprompte dégradation ;

2. Éviter autant que possible que la rouleaboutisse à de grandes difficultés de la nature,comme une chaîne de montagnes ou de grandsfleuves dont le passage soit difficile ( 2 ) ;

3. Que la ligne directrice ne longe pas le

( 2 ) C’est ainsi qu’en 1806, Napoléon prit à revers tousles grands fleuves qui se seraient présentés de front, s’ils’était dirigé de Francfort par Weimar.