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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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118 MÉMOIRES SUR

territoire ennemi, ou un terrain qui soit à sadisposition;

4. La ligne ne doit pas passer près de placesfortes occupées par l’ennemi;

5. Elle doit être flanquée par les lignes decoopérations ;

6. On fortifiera d’espace en espace les villesqui s’y trouvent, préalablement celles qui sontà cheval sur les fleuves, afin de s’assurer despassages faciles et sûrs;

7. Au manque de places fortes, on suppléerapar des détachements, lesquels , postés sur lespoints principaux, assureront l’intégrité de laligne directrice.

Il serait difficile, ou pour mieux dire, impos-sible , de donner une momenclature plus com-plète et des explications plus satisfaisantes desdifférents genres de lignes d’opérations dont lastratégie est susceptible, que celles que le gé-néral Jomini nous a communiquées dans sonTraité des grandes Opérations. Aussi, ne medissimulant pas l’impossibilité de donner quel-que chose de meilleur à la place, je resteraifidèle au système du savant qui nous a si bienéclairé sur cette matière (î).

Le général Jomini accepte dix lignes d’opé-rations différentes ( 2 ).

Il appelle les lignes d'opérations simples ,celles d’une armée agissant sur la même direc-tion d’une frontière, sans former de grandscorps isolés.

Les lignes doubles et multipliées sont cellesd’une armée qui opère sur la même frontière,en formant deux ou trois corps agissant isolé-ment vers un seul ou vers plusieurs buts.

Nous en voyons un exemple dans les opéra-tions des armées alliées dans la Bohême, laSilésie et le Brandebourg, en 1813, et qui seconcentrèrent à Leipzig.

Les lignes intérieures sont celles qu’une arméeforme pour s’opposer à plusieurs lignes del’ennemi et auxquelles on donne une directiontelle qu’on puisse rapprocher les différentscorps et lier leurs mouvements, sans que l’en-

(0 Que le lecteur me nomme un ouvrage où l’expli-cation des lignes d’opérations soit plus satisfaisante quecelle que nous trouvons dans le Traité des grandes Opé-rations, et il me verra revenir franchement de ma con-viction actuelle. Maintenant je soutiens encore que legénéral Jomini est le seul qui nous ait donné quelque

LES PRINCIPES

nemi ait la possibilité de leur opposer unegrande masse.

Ces lignes peuvent être simples ou doubles.En 1796, l’archiduc Charles forma une ligned’opérations doubles intérieure en opérant surla Murg et la Lahn. 11 ne dépendait cependantque de lui de n’en former qu’une simple inté-rieure, en concernant ses forces sur le Necker.

Les lignes extérieures présentent un résultatcontraire; ce sont celles qu’une armée formeraen même temps sur les deux extrémités d’uneou de plusieurs lignes ennemies.

Telle était la position des généraux Moreauet Jourdan dans la même campagne de 1796.

Les lignes d'opérations sur un front étendusont celles qui seront entreprises sur un granddéveloppement contigu, par des divisions iso-lées, mais appartenant à la même masse etmarchant au même but. On comprendra aussi,sous cette dénomination, des lignes formées pardeux corps séparés sur une seule étendue don-née, elles formeront alors lignes doubles surun grand front.

En 180Ü, le mouvement de l’armée de ré-serve au delà des Alpes, avait été fait dans cesens. La marche des divisions Thurreau, Gha-bran, le gros de l’armée commandé par Napo-léon lui-même, et les corps de Béthcncourt etde Macdonald, en franchissant les Alpespen-nines et helvétiques, la première par le Mont-Cenis, la seconde par le Petit Saint-Bernard, latroisième par le Grand Saint-Bernard, la qua-trième par le Simplon, la cinquième pir leSaint-Gothard, marchaient vers le même but,qui était Milan, et, au 30 mai, décrivaien: unecourbe qui s’étendait depuis Suze par Vercelli,Pallanza et Lugano.

Les lignes profondes sont celles qui, parlantde leur base, parcourent une grande étenduede terrain pour arriver à leur but.

La campagne de 1812, en Russie, nous enoffre un exemple, et son résultat nous en adémontré les dangers.

Les lignes d’opérations concentriques ccnsis-

chose de complet sur cette partie intéressante de h stra-tégie.

(a) Quoique j’aie donné ces mêmes explications dansmon Système de guerre moderne, je crois deviir lesreproduire encore une fois pour offrir un tout plis sa-tisfaisant.