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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

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tent en plusieurs lignes, ou une seule divisée,qui partent de deux points éloignés, pour arriversur un même point, en avant ou en arrière deleur base.

Les lignes d’opérations que Napoléon avaitadoptées à l’ouverture de la campagne de 1809,pour l’armée qu’il commandait en personne,et celle du maréchal Davoust, étaient concen-triques. Les deux masses manœuvraient sur lesdeux rives du Danube, et ce n’est qu’à la ba-taille d’Eckmülil que la réunion s’est opérée.Elles soumettent l’armée qui les prend à beau-coup d’inconvénients et de dangers, et les ré-sultats de la campagne de 1809 n’auraient peut-être pas manqué de justifier mon assertion, sil’archiduc Charles, en franchissant l’Iser, avaitplus rapproché ses colonnes de route, pourpouvoir agir en masse au moment opportun, ets’il avait secouru la colonne du centre lors-qu’elle fut attaquée près de Rhor;c’est, à peuprès, de la journée malheureuse de Rohr, quepeut dater la décision de la campagne en fa-veur des Français. Les combats d’Abensberg etd’Eckmühl en furent les conséquences immé-diates, car c’est l’échec du centre au couventde Rhor qui avait intercepté toute communica-tion entre les colonnes de droite et de gauche,et préparé ainsi leurs défaites.

Les lign csd’ opérations excentriques sont cellesque parcourt une seule masse qui part d’unpoint et se divise pour se porter sur plusieurspoints divergents.

Pendant la campagne de 1800, en Italie, legénéral Mêlas , en quittant la position du Var,et se portant vers Turin, en dirigeant le corpsdu général Ott sur Stradella, prit une ligned’opérations excentrique et prépara, par unefaute aussi grave, la défaite de son lieutenant àMontebello. Leur divergence ne peut être qu’audétriment des armées qui opèrent; voilà pour-quoi elles ne peuvent être employées que dansles cas où on est favorisé par les forces physiques.

Les lignes cl’opérations accidentelles sontcelles qu’amènent des événements qui fontchanger le plan primitif de la campagne, etdonnent une nouvelle direction aux opérations.

C’est dans le changement de la ligne direc-trice des opérations, dont je me réserve dedonner une dissertation à la fin de ce chapitre,que consistent les lignes accidentelles. En chan-geant la direction perpendiculaire en mouve-

ment latéral, le prince de Koutousof se servit,en 1812, de ligne d’opérations accidentelle.Ces lignes peuvent amener de grands résultats ;mais il ne faut s’en servir qu’avec précautionet habileté.

Les lignes d’opérations secondaires sont cellesqui servent à désigner les rapports de deuxarmées entre elles, lorsqu’elles agissent sur unmême développement de frontières.

De toutes les lignes d’opérations, la meil-leure est la ligne d’opérations simple. Unearmée qui agit sur la même direction, sansformer de grands corps isolés, est toujours plusen sûreté, puisque la masse principale destroupes actives est plus rassemblée. Les lignesadjacentes ou de coopérations, tout en assu-rant son intégrité, serviront de voies aux mou-vements concentriques. Sans servir de directionaux opérations principales, mais coopérant aumême but, ces lignes rempliront deux objetsdilférents. Elles faciliteront le mouvement descolonnes en diminuant leur longueur, et flan-queront la ligne directrice.

Les opérations sur une seule ligne sont aussiles moins compliquées, et,par conséquent, lesplus avantageuses.

Le meilleur conseil qu’on puisse donner àune armée qui se trouve dans l’offensive etmaîtresse de ses actions, c’est de n’agir quesur une seule direction, et, par conséquent, surune seule ligne d’opérations principale. Onmarche plus positivement vers le dénoûment,qui est toujours la chose la plus importante.

Qu’on soit sur la défensive, par conséquentesclave des actions de ses adversaires, si mêmeceux-ci tombaient volontairement dans le dé-savantage des lignes multiples, ce n’est jamaisune raison, si la chose est possible, de lesimiter. Au contraire, ce moment étant celui oùles masses rassemblées deviennent indispensa-bles et vraiment avantageuses, sera celui oùl’on cherchera à opérer de manière à les avoirdans la même direction, pour pouvoir les con-centrer sur le point décisif. L’opération se fera,sans doute, dans la direction qui offrira le plusde chances pour le succès; car, lorsque le butprincipal est rempli, les objets secondairesrentrent d’eux-mêmes dans le néant.

C’est ainsi qu’en 1814, Napoléon défenditpendant plusieurs mois le territoire françaisavec une poignée d’hommes, et se serait peut-