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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

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QUATORZIÈME MÉMOIRE.

sur. LA COMPOSITION DES ARMÉES ACTIVES.

Nous avons eu l’occasion de nous convaincrede la valeur des armées, et du rôle importantqu’elles sont appelées à jouer pendant les hos-tilités. Elles sont les agents mobiles, ainsi queles objets immédiats des opérations, car leuraction maintient l’intégrité des points qu’ellesattaquent et du théâtre de la guerre en géné-ral. La composition des armées, destinées àenvahir ou à défendre un pays, est donc d’uneimportance qui ne saurait assez attirer notreattention.

A quoi nous serviraient les places fortes,lescamps retranchés et les bases d’opérations,s’il n’y avait pas assez de troupes pour en dé-fendre les approches? Avoir même une armée,mais dont la force ne soit ni en rapport aveccelle quelle doit combattre, ni avec le nombredes objets dont elle doit s’emparer ou qu’elleveut défendre, c’est marcher à grands pas verssa ruine. Tel est l’exemple que nous offre lacampagne des Français en 1814.

Le nombre effectif des hommes n’est pas laseule vertu que doit posséder une armée; elledoit briller aussi par son organisation et labonté des individus qui la composent. A com-bien de graves et pénibles réflexions ne sesent-on pas porté, lorsqu’on songe qu’unejournée suffit quelquefois pour démoraliser oupour détruire une armée? Et cependant l’issued’une journée aussi fatale et aussi étonnante

ne dépend pas toujours du nombre, mais desvertus intrinsèques des troupes qui en sont lesarbitres.

Que les qualités stoïques du chef qui doit lescommander soient aussi en rapport avec cellesqui caractériseront les armées. C’est le plus sûrmoyen de prévenir les désastres flétrissants descapitulations d’Ulm et de Baylen. Heureuse-ment, ces cas sont rares dans l’histoire, qui,en bien plus grand nombre, ne nous cite quedes beaux faits et des actes de dévouement.Qu’on n’oublie pas que les armées ne se bat-tent bien que lorsqu’elles sont bien conduites,et que les guerres décident souvent du sort desétats.

Battre ses ennemis et s’emparer des objetsdes opérations, tels sont les devoirs qu’on im-pose à une armée qu’on met en campagne.Lorsqu’on procède à la composition de la forcemobile, deux notions essentielles deviennentindispensables :

1. Le nombre des forces effectives que lesennemis peuvent utiliser, et les ressources quele pays leur offre pour en compléter le dé-ficit ;

2. Une donnée exacte du nombre et de lavaleur intrinsèque des objets des opérations,dont les assaillants devront se rendre maîtreset que l’armée défensive devra placer sous saprotection immédiate.

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