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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
La première de ces données ne peut ordi-nairement être soumise qu’à un calcul approxi-matif ; caries ressources des pays sont rarementsusceptibles d’un examen sûr et invariable.L’austérité des circonstances leur accordequelquefois des développements qu’il est diffi-cile de prévoir et dont il est plus difficile encorede calculer l’extension. Au reste, ce calcul,quand même il ne serait qu’approximatif,pourvu qu’il soit fait avec une sorte de proba-bilité, ne pouvant pas nous entraîner dans detrop graves erreurs, pourra servir de base àcelui auquel nous voudrons soumettre les forceselfectives des ennemis.
Il en est tout à fait autrement des objetspassifs des opérations; leur nature d’immuta-bilité en facilite la stricte observation. En in-terrogeant la carte, on se met bientôt au faitde leur nombre; en les soumettant à une re-connaissance et un examen même furtifs, onse trouve à même d’en apprécier la valeurintrinsèque.
Parmi les objets passifs des opérations quidevront servir de base à la formation des forcesactives, nous mettrons :
1. Les places fortes, dont une partie, commenous l’avons vu plus haut ( 1 ), influent d’unemanière directe, et l’autre d’une manière in-directe sur les opérations offensives, et dontles premières seront soumises à des sièges oudes blocus, tandis que les secondes deviendrontles objets de simples observations;
2. Les points qui, sans être fortifiés, in-fluent sur les grandes opérations, par les avan-tages de leur assiette et les grandes préroga-tives que nous relirons de leur possession.Telles sont les villes qui nous livrent le passagedes grands fleuves, les points qui nous mettenten possession de l’entrée des chaînes de mon-
(i) Voyei le sixième Mémoire.
tagnes, les nœuds des grandes routes, etc.;
3. Les lignes qui servent de voie aux opéra-tions et au charriage des approvisionnements,car en avançant dans le pays auquel on fait laguerre, on allonge la directrice ainsi que leslignes de coopérations et alimentaires, et, pouren maintenir l’intégrité, on est obligé de leséchelonner avec des détachements ( 2 ).
Le nombre et la valeur intrinsèque des ob-jets des opérations étant reconnus et appréciés,ils serviront de guide pour le calcul des forceseffectives nécessaires pour s’emparer des objetsdes opérations lorsqu’on est dans l’offensive,et pour maintenir leur intégrité lorsqu’on estsur la défensive.
Les deux données dont je viens de parlerserviront de base à la composition des arméesqu’on voudra mettre en campagne, et lesgrands résultats qui proviendront de leurs opé-rations ne manqueront pas de servir d’indica-tion salutaire à l’attention sévère et réfléchiequ’on doit accorder à leur composition.
Le nombre de troupes de chaque arme qu’ondoit mettre en campagne étant soumis à desmodifications d’après la nature topographiquedu terrain où on se propose de faire la guerre,rend la composition des armées, sous le rap-port de la proportion qui doit exister entrel’infanterie, la cavalerie et l’artillerie, trop hy-pothétique pour vouloir en préciser l’énumé-ration. Il est cependant tout simple que, dansun pays de montagnes, cette composition serabasée préalablement sur le calcul de l’infan-terie, et que, dans des contrées où la naturen’offre pas de grandes difficultés à vaincre,cette proportion entre les trois armes se ferad’après les règles de la grande tactique, auxressorts de laquelle cette détermination meparaît appartenir exclusivement.
{2) Voyez le onzième Mémoire.