Buch 
Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
Entstehung
Seite
131
JPEG-Download
 

DE LA STRATÉGIE.

J 51

QUINZIÈME MÉMOIRE.

SU K LES POSITIONS PRÉLIMINAIRES DES ARMÉES.

Après avoir interrogé la carte et s’être renduun compte exact et détaillé de tous les avan-tages et de toutes les difficultés du terraiu qu’onveut conquérir ou défendre; après avoir jetéun coup d’œil attentif sur la conliguration desfrontières, et s’être pénétré du nombre, de lavaleur et des propriétés des objets stratégiquesdes opérations ; après avoir réglé toutes les res-sources de la base d’approvisionnement et dé-signé la communication la plus avantageusepour servir de ligne directrice, on procède àl’emplacement préliminaire des armées qui doi-vent envahir ou défendre le terrain qu’ellesveulent se disputer.

Les frontières ennemies étant pour les assail-lants le premier terme de l’invasion, et pourles défenseurs la ligne la plus avancée qu’ilsse proposent de défendre, celte ligne est ordi-nairement le lieu de rassemblement des deuxpartis. Les devoirs imposés aux armées offen-sives et défensives consistent : pour la première,à forcer la frontière ennemie, à battre l’arméequi lui est opposée, et à s’emparer de l’objetprincipal, dontla possession doit décider du sortde la guerre ; pour la seconde, à défendre l’in-vasion de la ligne frontière, en résistant à sonennemi, età main tenir l’intégrité de tout le terri-toire .11 s’ensuit que l’emplacement préliminaire

des armées belligérantes doit être en rapport :

1. Avec la configuration des frontières;

2. Avec l’emplacement de l’armée qu’on sepropose de combattre ;

3. Avec la ligne directrice des opérations;

4. Avec l’objet principal des opérations;

6. Avec la base d’approvisionnement.

Les règles pour l’emplacement des arméesdoivent donc être une conséquence immédiate decelles que nous avons établies pour la configu-ration des frontières, ainsi que pour les objetset les bases d’opérations et d’approvisionne-ment. Nos discussions sur leurs propriétés, leuremploi et leur valeur intrinsèque, ont suffipour établir le mode d’après lequel nous devonsrégler leur choix, et définissent aussi le rôleimportant qu’ils sont appelés à jouer dans lesgrandes opérations.

Le lecteur ayant pu se convaicre, dans lecourant de l’ouvrage, que les lois de la stra-tégie ne sont pas fondées, comme on l’avaitprétendu autrefois, sur des principes vagues,mais portent plutôt un caractère synthétiquequ’on ne saurait méconnaître; qu’en partantd’un faux principe on arrive à un faux résultat;il se convaincra facilement, qu’en plaçant laforce active en sens inverse des objets qu’elledoit défendre ou de ceux qui peuvent appuyer