MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
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ses opérations, on marchera vers des résultatsqui peuvent influer d’une manière vicieuse surle résultat de la guerre.
Nous avons discuté avec détail dans le sixiè-me Mémoire sur la configuration et les pro-priétés des frontières, dans le huitième sur lesbases d’approvisionnements ; dans le neuvièmesur les objets des opérations ; et dans le onzièmesur les lignes d’opérations ; ce sont ces raison-nements qui devront nous guider dans le choixdes points où nous devrons placer préalable-ment des armées assaillantes et défensives.
La règle générale impose aux défenseurs ledevoir de se porter vers l’endroit que leurs ad-versaires choisissent pour débouché. Dans le casoù la frontière décrit une ligne droite, qui n’estdéfendue par aucun obstacle marquant de lanature ou de l’art, l’emplacement des arméesdéfensives devient d’autant plus difficile que,les assaillants ayant à leur choix plusieurs points,souvent également avantageux, où ils peuventfranchir cette ligne, mettent les défenseurs dansla situation embarrassante de se trouver prêts àrecevoir leurs adversaires sur plusieurs direc-tions. Soumettre à une observation immédiatetous les points d'intersections d’une frontièreouverte, serait tomber dans le défaut de la dis-sémination des forces. Le seul moyen et le plusefficace, dans un cas pareil, et de prendre uneposition centrale qui soit à peu près à égaledistance de tous les points, et lorsque l’ennemiaura prononcé son mouvement, de se porteravec la masse des troupes à sa rencontre, enoccupant, par des détachements d’observation,les principales communications qui mènent desextrémités de la ligne frontière au centre dupays, afin de paralyser les incursions que l’en-nemi pourrait y faire.
Si la ligne frontière est défendue par desplaces fortes , elle offre aux défenseurs desavantages incontestables, et rend, au contraire,le mouvement offensif des assaillants, esclavede l’emplacement de l’armée défensive. Possé-dant , dans une frontière fortifiée, des basesavantageuses d’opérations et d’approvisionne-ment , en s’appuyant sur une des places , lestroupes défensives obligent les assaillants ave-nir les chercher dans leur position et leur ra-vissent tous les moyens de pouvoir la franchirsur un autre point, pour ne pas livrer leurslignes de jonctions à leurs ennemis.
Si la frontière n’étant défendue sur ses côtéspar aucun obstacle naturel ou fruit de H’art,décrit un angle saillant ( Fig. 2 ), la positionde l’armée défensive se trouve sur la ligne AC :car si elle avançait imprudemment vers B,l’ennemi, qui se porterait vers A ou vers (C, enprenant toute la section renfermée dans ARC àrevers, parviendrait facilement à la couperde ses lignes de jonctions et à l’isoler. Lia po-sition D, au contraire, deviendra une positioncentrale entre les deux points d’intersectionsA ou C, et offrira aux défenseurs les moyensde se porter vers l’un ou l’autre point, et d’yprévenir leurs adversaires.
Si la frontière est fortifiée, le cas rentre danscelui d’une ligne droite bien défendue;l’arméedéfensive pourra choisir sa position et forcerles assaillants à venir la chercher.
Si l’angle que forme la frontière est rentrant(Fig. 3), la position devient inverse. L’arméedéfensive devra se diriger vers l’une des partiessaillantes A ou C, en occupant la partie ren-trante B par un corps détaché, pour s’opposerà quelques incursions que l’ennemi pourrait yfaire. Cette position des défenseurs, en A ou C,leur donne la faculté de prendre leurs ennemisà revers, s’ils s’avisaient de manœuvrer parl’angle rentrant vers B.
Quant à l’emplacement des armées par rap-port à la directrice, l’objet principal des opé-rations et la base d’approvisionnement, cetemplacement doit se faire de manière à pouvoirles couvrir immédiatement tous les trois, carils forment une des parties fondamentales desgrandes opérations.
Telles sont les règles générales qui doiventnous guider dans remplacement des armées.C’est surtout lorsqu’on est sur la défensive,qu’on portera son attention vers les points lesplus faibles.
Cependant les armées du système de guerremoderne sont tellement nombreuses, que pourne pas trop allonger les colonnes de route, cen’est pas un seul point de la ligne frontièrequ’on choisit pour franchir cet obstacle, maisplusieurs. On calcul et on fonde les mouve-ments sur des marches concentriques qui mènentvers les premiers objets des opérations qui seprésentent au mouvement des armées. Une dis-position pareille attire, par conséquent, l’atten-tion des défenseurs vers plusieurs points mis