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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
SEIZIÈME MÉMOIRE.
SUR LES GRANDES OPÉRATIONS OFFENSIVES.
Toute opération offensive présuppose deuxbuts à remplir :
1. De battre l’armée adversaire ;
2. De prendre possession du pays auquel onfait la guerre.
Tout ce qui se rapporte à l’art de meneravec sagacité un engagement général à un heu-reux résultat, appartenant à la tactique, nepeut être le sujet de nos discussions actuel-les (î) ; il ne s’agit donc ici que de développerles moyens de prendre possession du pays au-quel on fait la guerre, envisagés sous le rapportdes grandes opérations stratégiques.
Nous avons eu l’occasion de voir que pours’emparer d’une section de terrain et pour ydominer avec une sorte de prépondérance, ilest indispensable de se rendre maître graduel-lement des bases d’opérations. L’attaque desobjets et des bases d’opérations, est donc le vraibut d’une opération offensive, comme leur dé-fense est celui d’une opération défensive.
Quel que soit l’échiquier qu’on se proposede défendre ou d’attaquer, ce sont toujours lesfrontières qui sont le premier objet qui attirel’attention des défenseurs comme des assail-lants. Nous avons vu, dans le sixième Mémoire,
()) Le lecteur pourra trouver tous les développementsnécessaires pour cette partie de l’art militaire dansmon ouvrage intitulé : Examen raisonné des proprié-
que deux points principaux influaient sur leurattaque ou leur défense) :
1. Leur configuration;
2. Les propriétés qui proviennent de leurnature.
D’après le caractère synthétique que nousavons cru reconnaître dans les éléments de lastratégie, et dont le lecteur se sera sans douteconvaincu aussi, il s’ensuit que l’attaque ou ladéfense des frontières doit être faite avec cettesage prévoyance que revendique la haute im-portance de cette opération, et l’influence sa-lutaire ou nuisible qu’elles peuvent avoir surles modulations de la guerre.
Le mouvement offensif contre la ligne fron-tière ayant été prononcé, ou l’emplacementdes armées défensives ayant été décidé, onn’est plus toujours le maître de changer à songré l’ordre des mouvements qu’on aura établi.On devient esclave des directions qu’on aurachoisies, et malheur à celui qui les aura prisesen contravention avec les règles du systèmegéographique d’où nous puisons la juste appré-ciation du terrain, ou du système opératif quidécide de l’emplacement des armées.
Faisons-en l’application au terrain, et prê-tes des trois armes différentes, de leur emploi dans lesbatailles cl de leur rapport entre elles.